Lulubelle

Lulubelle de Paris, une vie tout en paillettes

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Gilles alias « Lulubelle de Paris » est transformiste depuis la fin des années 80. Année après année, l’artiste a su se faire une bonne place dans le milieu grâce à ses représentations d’artistes comme Nicoletta, Annie Cordy, Sylvie Vartan ou Rika Zaraï. À quelques jours de son prochain spectacle au Diva’s Kabaret, le transformiste confie à Garçon Magazine son parcours artistique.  

Lulubelle, comment en es-tu arrivé à faire du drag ?

Cela remonte à mon arrivée à Paris à l’âge de 21 ans pour mes études en cinéma. Mon meilleur ami m’a demandé de faire un numéro pour son anniversaire, connaissant ma passion pour les imitations de Sylvie Vartan, Dalida et d’autres vedettes. Tout le monde a aimé mon numéro. Dès lors, je faisais un spectacle à chaque fois qu’il organisait une fête chez lui.

Quelques années plus tard, un copain, qui organisait des soirées disco dans une boîte de nuit à Paris, a vu les vidéos de mes prouesses. Il m’a ensuite présenté aux drag queens (habituées des lieux, NDLR), puis j’ai commencé à travailler avec lui. Et, c’est grâce à cette première expérience que j’ai pu évoluer et prendre confiance en moi.

Lulubelle

C’est à ce moment qu’elle est née… Lulubelle ?

C’est le grand mystère (il rit) ! En effet, je ne sais pas d’où Lulubelle est sortie. Tout au début, quand je faisais encore des spectacles dans l’appartement de mon ami, je ne voulais pas un prénom de star. Je voulais un nom drôle, à la fois masculin et féminin. Et Lulubelle est venue comme ça.

Puis est venu la seconde partie de ton nom…

C’est Facebook qui a fait que je mets un deuxième nom, parce que c’était obligatoire de mettre un nom et un prénom. J’ai donc mis Lulubelle, mais je ne savais pas ce que j’allais mettre après. Et comme Lulubelle est née à Paris, j’ai décidé de mettre Lulubelle de Paris. Comme une marque que j’ai déposée moi-même.

Lulubelle

Y a-t-il eu une rencontre marquante comme c’est souvent le cas pour les artistes ?

En effet. C’était avec Norbert Show, un transformiste avec plus de 30 ans de carrière. C’était en 2013. Ensemble, nous avons fait des spectacles dans de grandes salles des fêtes en région et à Paris, ce qui était pour moi une expérience géniale.

Deux ans plus tard, j’ai rejoint l’Artishow à Paris et j’ai travaillé là-bas pendant 5 ans. Quand j’ai quitté le cabaret, Norbert m’a proposé de recommencer l’aventure que nous avions arrêtée. Et, aujourd’hui, je travaille toujours avec lui.  

Dans quelles circonstances as-tu intégré la troupe du Diva’s Kabaret ?

Le milieu du Marais étant petit, on se fait souvent des amis qui travaillent là-bas. Je connaissais par exemple Martine Superstar et Sweety Bonbon, artistes que j’aime beaucoup et avec lesquelles j’ai travaillées à l’Artishow.  

Quelques mois après la création du Diva’s Kabaret (en octobre 2019, NDLR), Christophe Soret, le directeur du jeune cabaret, que je connaissais depuis mes années à l’Artishow et qui aimait mon personnage, m’a proposé de réaliser des numéros de temps en temps. Puis, rapidement, j’ai pu évoluer et ai fait mon petit bout de chemin aux côtés de mes amis Sweety Bonbon et Martine Superstar.

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Tu n’as, sauf erreur de ma part, suivi aucune formation artistique. Des personnes t’ont-elles guidé dans l’art de spectacle ?

Effectivement. Après, je pense qu’on arrive à ce métier parce qu’on a une sensibilité artistique. Cela peut être une affinité avec la coiffure, le maquillage, mais il y a toujours quelque chose qui nous aide à faire ce métier, un talent qu’on a sans avoir fait une formation artistique. J’ai appris à me maquiller et j’ai pu affiner mon personnage sur le terrain, en écoutant mes collègues et en travaillant avec eux.

Lulubelle

Aujour’hui, Paris est la ville où tu travailles et vis. Qu’est-ce qui te lie tant à la capitale ?  

Paris est une ville que j’adore. Ça fait 30 ans que je suis ici, et chaque jour en me baladant, je découvre quelque chose de nouveau. J’adore l’architecture.

À Paris, on est vraiment gâté pour cela. On peut tout voir, on peut passer d’un loft moderne à un immeuble haussmannien. Il y a ce côté fabuleux que j’aime beaucoup !

Тu n’aurais pas pu faire cette carrière dans une autre ville ?

Non. Aujourd’hui, je pourrais peut-être la continuer ailleurs. Mais je n’aurais pas rencontré autant de gens intéressants ailleurs. Dans le même temps, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses intéressantes en région. C’est juste mon cas : les gens qui m’ont aidé étaient à Paris, et mes rencontres ont été décisives.

Un dernier mot… sur tes interprétations ?

Quand on fait un numéro, il faut le faire par rapport à son physique pour avoir une ressemblance. Il faut également aimer l’artiste que l’on choisit. Toutes les artistes que j’ai faites sont des artistes que j’aime.

Par exemple, Nicoletta, que je fais aujourd’hui et que j’ai eu la chance de rencontrer, est une chanteuse que j’adore depuis toujours. À mon humble avis, si on n’aime pas un artiste, il vaut mieux ne pas le faire.

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