Le Refuge

Le Refuge dans tous ses états

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Depuis la sortie de l’enquête-fleuve de Médiapart, Le Refuge va au plus mal, essuyant les critiques et les scandales. De ce fait, son engagement premier, à savoir l’accompagnement des jeunes LGBTQI+ à la rue, en prend un coup. Et ce, en dépit des appels à l’aide et des bonnes volontés… Dès lors, la fondation peut-elle retrouver toute sa noblesse ou, au contraire, est-elle vouée à sombrer ?

La situation du Refuge, telle que nous la connaissons aujourd’hui, démarre en décembre 2020. Alors que l’organisation communautaire célèbre officiellement son passage d’association à fondation, une enquête de Médiapart sort sur le web. Dans les lignes, le média relate des problèmes structurels et financiers, mais aussi des discriminations et des violences. “Les manipulations et menaces que nous subissons toutes et tous de la part du directeur général et du Président font que personne ne semble oser s’exprimer depuis plusieurs années sur ces dysfonctionnements qui portent régulièrement atteinte à la dignité des personnes.”, confie un ancien salarié. 

Immédiatement, l’article a fait grand bruit. Certains l’interprètent comme une énième attaque contre la communauté, d’autres le saisissent pour faire un rappel à l’ordre. D’abord silencieux, Nicolas Noguier, qui gère à l’époque l’organisation, décide de prendre la parole, mi-décembre 2020. Brièvement, mais succinctement, il dément les faits qu’on lui reproche, assurant que seule une “quinzaine de démissions sont à déplorer cette année”. “Nul doute que votre objectif, vu la teneur orientée des questions, n’est pas de nous être favorable, ni de relater l’entièreté de ce qu’est le Refuge et donc d’être parfaitement objectif.”, écrit de son côté Frédéric Gal, alors directeur général. 

Les relais s’accumulent, les accusations aussi

Alors que les responsables croient être tranquilles, les publications sur le sujet s’enchaînent. De Midi Libre au Figaro, en passant par L’Obs, BFMTV, ils ont tous leurs mots pour couvrir le scandale qui plane sur l’organisation LGBTQI+. D’abord silencieuse, la presse communautaire commence à s’y intéresser, à commencer par Komitid et Garçon Magazine. Cependant, tous deux préfèrent rester éloignés de la situation, l’image qu’ils souhaitent préserver étant de traiter l’actualité de manière neutre. En tout cas, cette déferlante médiatique amène toutefois les deux responsables à solliciter les services d’un cabinet indépendant pour solutionner le problème, avec le Boston Consulting Group (BCG). De même, ils décident de suspendre l’exercice de leurs fonctions, le temps de l’audit. 

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Dans le milieu associatif, les voix divergent, tantôt soutenantes, tantôt opposantes. Pendant les réunions des conseils administratifs, le sujet du Refuge est sur toutes les lèvres. En cause, la fondation ayant le monopole dans l’accompagnement des jeunes LGBTQI+, l’essentiel des partenariats sur ce volet se fait avec les différentes antennes de l’organisation. À contrario, certains noms de l’activisme, comme celui de Giovanna Rincon, crient haut et fort leurs avis négatifs, en particulier autour de la transphobie qui se manifeste chez les bénévoles et salariés qui y travaillent. 

Retrouvez la suite de l’article sur Le Refuge dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.

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