Aspasie, l’association suisse qui fait avancer la prostitution

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Depuis près de 40 ans, Aspasie, association à Genève, accompagne les travailleurs du sexe. Dans la rue et sur internet, l’association répond à toutes les questions, qu’elles soient d’ordre social, juridique, économique et administratif. Et, c’est cet engagement qui lui permet de peser dans les débats locaux, cantonaux et nationaux. Isabelle Boillat, co-coordinatrice chez Aspasie.

L’exercice du travail du sexe semble bien différent en Suisse, comparé à la France. Qu’en est-il donc ? 

La prostitution est encadrée au niveau du droit fédéral, il y a peu d’articles dans la constitution. La prostitution est une activité économique légale en Suisse, protégée par la liberté économique inscrite dans la Constitution. Seul l’exercice illicite de la prostitution est réprimé (art. 199 CP). Elle est légale, assujettie à l’impôt et aux charges sociales comme toute activité économique. 

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Pénalement, il y a des articles qui sanctionnent l’exploitation, l’encouragement à la prostitution (mineure notamment), la traite. Personne ne peut imposer des clients, tarifs, pratiques et horaires aux prostituées. Mais, cela reste bien moins contraignant qu’en France. 

Les règles autour du travail du sexe varient-elles, selon que l’on soit à Zurich ou bien à Lausanne ? 

Effectivement. Chaque canton va légiférer en fonction de la constitution et adopter sa propre réglementation. Concrètement, il va appliquer des mesures pour définir les lieux d’exercice de la prostitution, en intérieur (saunas, cruisings, salons érotiques, bars, etc.) ou en extérieur. 

Aspasie

À Genève (où Aspasie opère, NDLR), le travail dans la rue est autorisé (2010 marque l’adoption de la première loi sur la prostitution genevoise (LProst), ce qui n’est pas le cas dans d’autres cantons. Dans le canton de Vaud, frontalier avec la France (Genève l’est aussà, les professionnels n’ont pas le droit d’accueillir les clients dans des appartements privés. 

Contrairement à la France, la Suisse possède une institution qui encadre le système prostitutionnel. En quoi est-elle efficace ? 

Absolument. Son nom varie d’un canton à l’autre : brigade des mœurs, police du commerce, etc. A Genève, c’est la Brigade contre la Traite et la Prostitution Illicite, composée d’une quinzaine d’inspecteurs, chargés de tourner dans tous les lieux d’exercice du travail du sexe. 

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Leur mission est ainsi de vérifier si tout se déroule dans les règles, de lutter contre tous les cas de traite, dont celle à des fins de prostitution, et également de vérifier que les gérant.es d’établissement remplissent leur devoir conformément à la loi (remises de quittances de loyers, etc.).

Retrouvez la suite de l’interview dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.

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