SIDA : Hervé Latapie parle de prévention sexuelle pendant l’épidémie

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Si nous avons aujourd’hui la chance d’avoir la trithérapie contre le VIH, ce n’a pas été le cas lorsque le virus est apparu, au début des années 1980. Toute une génération d’homosexuels a dû adapter sa vie sexuelle face à la nouvelle menace que représentait le sida. Hervé Latapie, militant LGBT de longue date, a bien connu cette période. Pour Garçon Magazine, il s’y replonge. 

Vous étiez un témoin direct de l’épidémie de sida. Quels souvenirs en gardez-vous ? 

Ils sont ambivalents. Cette décennie Sida a débuté par un feu d’artifice. Au moment où je commençais à m’assumer en tant qu’homo, il y a eu mai 1981 et l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée. On a fait une fête incroyable tout l’été. En juillet, alors que je me rendais à l’université de Marseille, la presse a parlé de l’apparition d’une maladie homosexuelle à San Francisco. Mais, franchement, personne n’a tilté à l’époque. 

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Ensuite, tout est arrivé assez vite. J’ai commencé à aller régulièrement à l’hôpital Claude Bernard, pour voir des amis. Cependant, ma prise de conscience a eu lieu un peu plus tard quand je suis allé vivre aux Pays-Bas en 1984. Là-bas, ils étaient beaucoup plus avancés que nous dans la prévention face au VIH. 

Pourriez-vous décrire le rapport des gays au sexe au début de l’épidémie de sida ? 

Au tout début des années 80, pour un jeune comme moi, qui s’assumait et vivait à Paris, c’était une formidable découverte de la liberté sexuelle. On draguait partout, sans smartphone! On avait des lieux, des codes, on se reconnaissait dans la rue en marchant et on concrétisait très facilement. 

sida

Cela dit, en 1982, j’ai eu ma première IST sérieuse et un médecin gay m’avait alors mis en garde sur le VIH. Gai Pied traitait de, ce que l’on nomme aujourd’hui, la santé sexuelle. À l’époque, la liberté sexuelle nous a amené à prendre conscience de l’existence des maladies sexuellement transmissibles. Mais, paradoxalement, la salle d’attente du centre de dépistage de la rue d’Assas (Institut Fournier) était un terrain de drague homosexuelle (rires). 

Retrouvez la suite de l’entretien avec Hervé Latapie sur la prévention sexuelle en temps d’épidémie de sida dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.

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