Être gay à Paris et en région : Emmanuel en profite au maximum

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Depuis quelques années, de nombreux gays ont choisi de déménager en région et de travailler à Paris. Il y a 15 ans, Emmanuel a pris cette décision et ne l’a jamais regretté. Cadre dans une Direction de la Ville de Paris, il partage son quotidien entre le bruit de la capitale et la tranquillité du village Perche Vendômois (dans le Loir-et-Cher). Pour Garçon Magazine, il témoigne dans le cadre de ce dossier “Être gay à Paris et en région”. 

Pourquoi avez-vous décidé de quitter Paris pour vous installer en région ?

À l’approche de la quarantaine, j’ai eu envie de plus d’espace et de nature, quitte à sacrifier un peu ma vie culturelle et mes sorties dans le Marais. Par hasard, j’ai lu un article sur les navetteurs TGV et j’ai franchi le pas. Je n’ai jamais regretté d’être passé d’un studio de 25 m2 à une maison de 160 m2, avec de l’espace pour jardiner. C’était plus motivant. 

Avec le train qui relie Paris à Vendôme en 45 minutes, de plus en plus de Franciliens font d’ailleurs le choix de travailler à Paris et vivre en Loir-et-Cher, phénomène qui s’accélère avec le développement du télétravail depuis quelques années et encore plus depuis le début de la pandémie. 

Que vous apporte cette vie loin de la capitale ? 

J’y ai trouvé du temps pour moi, pour jardiner, me balader, faire les brocantes, bricoler. Au-delà de ça, j’ai eu la chance de mener une nouvelle vie dans un village sympathique, avec des voisins devenus des amis et dans une ambiance très amicale. 

Comment décririez-vous la vie dans la région où vous vivez ?

Elle est très différente, moins communautaire du fait de l’absence ou de la distance des lieux gays (les bars gays sont au Mans et à Tours, soit à 70 km.), mais les applis de rencontre maintiennent le lien avec la communauté et ouvrent la voie aux opportunités de rencontres, un peu comme à Paris. 

Être gay à Paris et en région

Malgré tout, mes amis gays en région sont plutôt des Parisiens, ayant fait le même choix de vie que moi, que des gays locaux. D’ailleurs, beaucoup de jeunes ici ont préféré partir pour étudier dans les grandes villes et y restent pour travailler.

Selon vous, y a-t-il assez de visibilité pour les personnes LGBTQ qui habitent hors des métropoles ? 

Pas vraiment, non. L’acceptation de l’homosexualité est plus récente ici ; d’ailleurs, j’ai été surpris, à mon arrivée dans la région, du nombre d’hommes bisexuels mariés sur les applis de rencontres gays. Mais, c’est sans jugement, hein ? 

On parle souvent de l’homophobie dans les communes très éloignées; Est-ce vraiment le cas, selon vous ?

Peut-être. Pour ma part, je ne l’ai jamais ressenti ou vécu en Loir-et-Cher, les habitants me paraissent ouverts d’esprit. J’y ai toujours été bien accueilli, sans cacher mon orientation. 

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Après, peut être que la situation est plus simple pour un ancien « Parisien » comme moi que pour un LGBT né et vivant ici. Néanmoins, j’ai le sentiment que la tolérance et la diversité dans les métropoles se diffusent partout, que les mentalités évoluent. 

En conséquence, est-il facile pour les jeunes LGBTQ de votre région d’assumer leur sexualité ?

Je pense qu’il y a une meilleure acceptation de l’homosexualité. Ce qui est sans doute liée à une plus grande diversité des populations vivant dans les campagnes, mais aussi avec l’arrivée de personnes d’autres origines et milieux sociaux. 

Les campagnes se gentrifient ou en tout cas se diversifient, les citadins d’hier s’installent et se mélangent aux populations locales, ce qui fait évoluer les mentalités. 

Un jour, pensez-vous que vous allez vous réinstaller à Paris ?

Ce n’est pas dans mes projets, Ceci dit, je n’ai jamais totalement quitté Paris, ni même mon métier, mes amis, la vie culturelle et festive. Au contraire, je garde un attachement particulier à Paris.

Retrouvez d’autres témoignages comme celui d’Emmanuel (figurant dans le dossier « être gay à Paris et en région) dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.