Migrants LGBTQI+ : Gevorg, Montpellier

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Gevorg est originaire d’Arménie. Le jeune homme s’installe en France, en Normandie, peu de temps après ses études universitaires, il y a trois ans. Pourtant, un événement, lié à son homosexualité, l’oblige à rester dans le territoire. Il fait alors tout son possible pour y être de manière permanente. Il raconte son histoire dans le cadre de nos portraits rainbow sur les Migrants LGBTQI+.

Chose peu commune, l’arrivée de Gevorg en France tient d’une belle étoile. Alors qu’il vient de terminer, diplôme en poche, sa licence à l’université d’Arménie, en 2018, le Montpellierain décide de réaliser un service volontaire européen à l’Aigle (Normandie). Il recourt ainsi au dispositif Erasmus+, démarche qui aboutit en sa faveur. « Au cours de cette année-là, j’aidais à la direction et à l’équipe dans l’organisation de festivals pour la maison de la culture et de la jeunesse et je participais aux émissions d’une radio régionale locale, Kolectiv radio », confie-t-il. En somme, tout lui souriait… jusqu’à ce problème. 

Fin 2019, alors que le natif arménien s’apprête à rentrer dans son pays, son petit-ami de l’époque le menace de révéler l’homosexualité de Gevorg à sa famille. « Il prévoit d’envoyer des photos de moi si je retourne en Arménie. », raconte-t-il. « Il a fait la même chose à un des anciens copains, m’avait-il dit en riant. Ce dernier s’est suicidé quand ses parents l’ont su. », a ajouté Gevorg. C’est alors la douche froide pour le jeune homme. Pourtant, il relativise en se disant que c’est là le moyen de pouvoir rester en France. Dès lors, il découvre le pays, se rend dans différentes villes. Finalement, il décide de poser ses valises dans le sud, à Montpellier, où il résidera… jusqu’à aujourd’hui. 

Direction la nouvelle vie 

Quand il s’installe dans la métropole d’Occitanie, Gevorg sent que le moment est opportun pour repartir de zéro. Il coupe tout contact avec ses amis, ses proches et sa famille. « J’étais enfin heureux, grandi, libre et indépendant. Pour la première fois, je pouvais mener mon existence comme je l’entends et être épanoui dans ma sexualité. », dit-il, ravi. 

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Au début, il travaille à l’arche de l’horizon en tant qu’auxiliaire de vie. « J’aidais les personnes atteintes de handicap mental, les accompagnais au quotidien. », affirme-t-il. Un temps sans logement, il sollicite le Refuge, alors géré par Nicolas Noguier et Frédéric Gal, mais finit par trouver un moyen d’obtenir un hébergement. Pourtant, il sait qu’il croisera à nouveau leur route. 

Gevorg et Famille au grand coeur 

En octobre 2020, quand son service civique touche à son terme (et que son VISA arrive bientôt à péremption), il a vent d’une institution pouvant l’aider à avoir ses papiers français, l’OFPRA. Il effectue alors ses démarches, toutes dans le bon cheminement. « Récemment, j’ai reçu une lettre de l’OFPRA pour un entretien le 18 octobre 2021. », révèle-t-il. 

Sur cette route, il fait la connaissance de Thomas, responsable de Famille au grand cœur. Il est touché par la cause que défend l’association et s’y engage assez rapidement. Aujourd’hui, il officie comme vice-président et porte-parole. Que du bon… enfin presque. « J’attends mon statut pour m’installer convenablement, voyager, continuer mes études et travailler. », conclut-il. Affaire à suivre, donc ! 

Retrouvez d’autres témoignages de Migrants LGBTQI+ comme celui-ci dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.