Gay et versatile au lit, la clé du bonheur ?

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Actif ou passif ? Que celui qui n’a jamais dû faire face à cette question ose se manifester ! Quand on est gay et versatile au lit, difficile d’échapper à cette problématique. Alors qu’ado on découvre sa sexualité et ses fantasmes, que l’on commence à s’imaginer en plein acte et que l’on crée par extension une certaine image de notre « soi » sexuel, on finit par se dire qu’on est plus l’un que l’autre. Certains préfèrent être plutôt « pris en main », dirigés au lit, s’abandonner. D’autres aiment avoir le contrôle, « le pouvoir », prendre les devants. Il est assez étonnant qu’encore en 2015 de nombreux mecs tiennent à associer leur sexualité à des cases prédéfinies. On croise ainsi encore beaucoup de garçons qui assurent qu’ils sont 100 % actifs et que personne ne les prendra jamais ou des 100 % passifs assoiffés de macho men. 

Le porno coupable ? 

Facile de pointer du doigt le porno comme responsable de notre difficulté à être plus « flexible » (en étant gay et versatile au lit). Il n’empêche qu’il a sans doute une grande part de responsabilité, ne serait-ce qu’inconsciente, dans notre façon d’envisager le sexe. L’actif y est dans 90 % des cas un mec viril, bien monté, sûr de lui. Et le passif un petit soumis ou un power bottom qui n’en a jamais assez. Ce que le porno n’a pas arrangé, et en particulier les tubes, c’est sa façon de ritualiser les rapports, de les pousser à l’extrême. Comme si être actif incluait d’être nécessairement un dominateur qui insulte et mollarde à tout va et qu’être passif incluait d’être une lope plus ou moins affirmée. Quasiment jamais les situations ne se retournent : chacun est à sa place, y reste et reproduit son rituel. 

A sa décharge, le porno, foisonnant, essaie petit à petit de brouiller les pistes avec des modèles de plus en plus versatiles, des mecs butch qui aiment se faire enfiler… On en est toutefois pas encore à voir des petits passifs crevettes démonter des rugbymen… mais qui sait… 

Arrêter avec les clichés 

prendre. Nombreux sont les garçons à souffrir de la stigmatisation des positions. Comme si en étant moins butch on avait pas la légitimité d’être actif ou comme s’il était forcément coupable d’être passif quand on est hyper viril. Contrairement aux pornos ou aux films, la vie et les gens sont imprévisibles. Il faut arrêter de penser que l’actif est celui « qui fait l’homme » et le passif « celui qui fait la femme » !

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Laissons donc ces étiquettes ridicules aux hétéros beaufs. Il est également grand temps d’arrêter de croire que la position sexuelle reflète complètement la personnalité. Non, l’actif du couple n’est pas nécessairement celui qui « tient » la relation, qui « porte la culotte ». Et non, le passif n’est pas obligatoirement un mec qui dépend de l’autre et attend qu’on lui dise quoi faire. 

Sortir de sa zone de confort 

On a tous à un moment donné, en particulier au début de l’exploration de notre sexualité, une préférence. Et en la suivant on apprend à prendre son pied. Mais il serait dommage de fermer des portes. Être gay est une chance : on peut plus facilement que les hétéros expérimenter le plaisir sous ses deux facettes principales qui consistent à prendre ou être pris. Pourquoi se priver de tout explorer, se dire que l’on est « pas fait pour ça » ? Pas de doute, il est plus confortable de rester sur sa position mais en se poussant un peu dans ses retranchements on peut découvrir tout un tas de nouvelles sensations. Les garçons bornés, 100 % si ou 100 % ça ont sans doute des problèmes à régler avec leur masculinité… 

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