Garçon

Témoignage : Mael « J’ai fait 12 tentatives de suicide » 

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Victime, comme beaucoup de personnes LGBT, du fléau lié au suicide, Mael a tenté de quitter ce monde. En cause, le jeune homme a dû faire face à de multiples épisodes de discriminations, tous à cause de la transphobie. Pourtant, l’amour qu’il reçoit de sa nouvelle “famille” l’aide à reprendre goût à la vie. Aujourd’hui, le franc-comtois est apaisé. Il livre son témoignage. 

Mael, comment tout a commencé ? Racontez-moi !

J’ai fait ma première tentative de suicide (TS) en 2013, j’avais vingt ans. J’étais en première année de médecine et je me sentais très, très mal. Pendant la période des révisions (pour un concours), mes parents sont partis au Groenland et m’ont donc laissé seul à la maison. 

J’ai tenu trois jours puis j’ai fait ma première TS. À l’époque, je n’étais pas encore au courant de « ce qui n’allait pas chez moi ». 

Était-ce l’unique fois ?

Non. J’en ai fait 12, au total. Toutes ont été plus graves les unes que les autres. Et puis, il faut dire que j’étais « rodé » : je savais quel médicament prendre, et à quel moment. 

À chaque essai, je passais plusieurs semaines dans le coma, un pied dans la tombe. Et, au réveil, j’avais toujours la même appréciation: bordel, je me suis encore raté. 

Une ou plusieurs personnes sont-elles (ou ont-elles été) à l’écoute de vos problèmes ?

Oui, mon psychiatre référent. Cela fait huit ans et demi qu’il me suit et c’est le seul, d’ailleurs, à m’avoir vraiment compris. De ce fait, je pouvais lui parler librement des moments de crise où je prévoyais de faire une TS. 

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La plupart du temps, il essayait de gérer cela, et de m’en empêcher, évidemment. Mais je suis têtu. Quand j’ai décidé de quelque chose, je vais jusqu’au bout… Y compris avec les TS.

Vous passez donc encore à l’acte…

Effectivement. Il y a eu un épisode particulièrement notable dans mon parcours : le 3 juillet 2020, je quittais le cabinet de mon psychiatre en lui disant : « et si je n’honore pas notre prochain rendez-vous, est-ce que cela va être compliqué pour vous dans votre emploi du temps ? » ce qui signifiait clairement : je fais TS d’ici là (et je ne veux pas que cela vous dérange). Il a commencé « Maël, bien évidemment que non, mais… » je l’ai coupé et suis parti sans demander mon reste. Je savais qu’il avait compris. 

Le résultat : il a débarqué chez moi le lendemain. Il avait prévenu mes parents, et il a passé plus d’une heure à faire le traducteur quant à toutes mes angoisses et mes pulsions suicidaires. Une heure. C’est long, surtout pour parler de choses qui me mettaient mal. Mais mon beau-père et ma mère ont réalisé l’ampleur du « désastre » qu’était ma vie de mon point de vue, et cela a été tellement bienfaiteur…

Retrouvez la suite de ce témoignage dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.

Plus d’infos : 

Vous voulez obtenir de l’aide, de l’écoute et de l’accompagnement. Stop Suicide peut répondre à ces demandes. Alors, sollicitez-la : 

Site : www.stop-suicide.fr 

@stopsuicidejeunes 

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