Garçon

Pierre Palmade, « Assume, bordel ! »

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Pierre Palmade est de retour sur scène, et en duo ! Dans « Assume, Bordel », aux côtés de Benjamin Gauthier. Les parades amoureuses, les bonheurs et les crises de couple font de ce spectacle un moment intime, tendre, et drôle pendant lequel lui et son partenaire se dévoilent sur ce qu’ils sont vraiment. Mathieu Wilhelm est allé à sa rencontre, avant la représentation du soir même pour un entretien où Palmade parle de Pierre, sans concessions, et en voulant mettre les choses au clair quant aux incompréhensions qui l’ont mis à l’écart de la communauté… 

Une interview de Mathieu Wilhelm

Pierre, on l’impression que ta nouvelle pièce, « assume, bordel », te colle littéralement à la peau. La fiction et la réalité se ressemblent comme deux gouttes d’eau… 

C’est tout à fait moi. C’est une réponse à beaucoup de choses. Et à beaucoup de malentendus que j’ai pu avoir avec la communauté gay. C’est le point de départ. Il y a quelques temps, il y a eu un buzz autour de moi parce que j’ai voulu faire une différence entre « gay » et « homo »… 

Oui, on pourrait résumer le spectacle à cette réplique : « Je ne suis pas fier d’être gay, je suis heureux d’être homo ! ». Et, ça n’avait pas été compris ?

Voilà, je crois qu’en voulant exprimer ce que je ressentais, ça n’a pas été saisi comme je le voulais. On ne vit pas tous son homosexualité de la même façon, voilà tout. Mais je considère vraiment la communauté gay comme la mienne.

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Et ça, une bonne fois pour toute, j’ai envie de le dire. Je suis conscient que ce sont eux qui vont au front, et qui se battent pour défendre nos droits. J’en suis reconnaissant, et ça m’a attristé que l’on pense le contraire. 

Donc, tu ne te considères pas comme un homo hors de ton temps ?

Mais pas du tout. Leurs souffrances sont mes souffrances. Je vis tous les jours la peur de l’homophobie, par exemple. Et tous les conflits qu’il y a eu, encore une fois par buzz interposés, m’ont beaucoup blessé… Donc cette pièce est une réponse à tout cela. Elle est partie d’une colère, en voulant faire rire, évidemment. 

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Ce que les gens n’ont pas compris, c’est que ça avait juste été très compliqué pour toi, c’est ça… ?

Dans les années 80, j’ai eu beaucoup de mal, c’est tout. Chacun ses problèmes, mais je crois que je n’aurais pas franchi le pas de tous mes démons si je n’avais pas souffert de ce que j’étais. J’ai voulu être hétéro, puis j’ai voulu très fort être bisexuel, puis je me suis dit que je me mentais. Ma vie aurait certes été plus tranquille, mais c’est comme ça. 

Et aujourd’hui, ne pas trouver chaussure à ton pied, c’est le pire état de ta vie d’homo ?

Je crois que j’ai trop parlé, et ça a mis de la boue sur beaucoup de choses. Je me relève, et j’aimerais qu’aujourd’hui, lorsqu’on parle de Palmade, on pense tout de suite à « mec drôle ». Et par-dessus tout, que pour une fois, on me choisisse. Et pas l’inverse. 

C’est ce qui te manque le plus ?

Oui, véritablement. J’ai besoin d’un complice, de quelqu’un à qui raconter mes secrets le soir. Et d’écouter les siens, bien entendu. 

Plus d’infos : 

« Assume, Bordel », avec Pierre Palmade et Benjamin Gauthier, du jeudi au samedi, 21h, au théâtre « Les Enfants du Paradis », Paris 9ème. 

Retrouvez la suite de l’interview avec Pierre Palmade dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.