La lesbophobie : un fléau passé sous silence

...

by Gaëlle G

Violences physiques et psychologiques, viol punitif, fétichisme dérangeant et banalisé, caricatures, dépréciation du sexe entre femmes. La lesbophobie englobe toutes ces horreurs dont on ne parle pas, dû à la neutralité factice du terme “homophobie”. Ce dernier évoquant, dans les esprits, les violences que subissent les hommes gays. La lesbophobie est un mélange d’homophobie et de sexisme se traduisant par une condamnation et une stigmatisation sociale négligée. 

La Lesbophobie, quand le sexisme et l'homophobie s'assemble : un combat 24h/24 et 7j/7.
Lesbophobie : un combat de tous les jours

Pour vous en parler, nous avons eu la chance de recevoir Lucile Jomat, présidente de l’association SOS Homophobie, qui a eu la gentillesse de répondre à nos questions à la fois sur la lesbophobie et la transphobie, un sujet très important aussi. 

Avez-vous le sentiment que la lesbophobie est une thématique suffisamment mise en avant par les médias ? Et que les Français commencent à la comprendre ? 

Alors c’est une thématique qui est beaucoup moins mise en avant parce qu’on parle souvent d’homophobie. Derrière ce terme, pour la plupart des gens, c’est de la gayphobie en fait. Il y a donc une invisibilisation totale de ce que vivent les lesbiennes. Il y a également un deuxième point qui est important : ce qu’elles vivent est totalement différent de ce que va vivre un homme gay. Principalement parce que ce sont des femmes qui subissent, en plus, du sexisme

href="https://www.pride.be/fr" target="_blank">

Tout à fait, alors, on peut aussi élargir le propos de la lesbophobie sur la transphobie. Une thématique beaucoup plus mise en avant, parce qu’il y a eu un meurtre, des actes très forts. Et qu’il y a aussi une communauté trans qui s’est fortement mobilisée.

Oui, il y a également aussi une visibilité dans les médias bien plus accentuée. De plus en plus de personnes trans sont visibles dans les séries, dans des personnages célèbres… Ce qui entraînent une visibilité plus importante et aussi une possibilité pour les jeunes de s’identifier plus facilement, en tant que personne trans. 

Est-ce que d’après toi, il est important de créer une distinction (comme la lesbophobie) dans cette LGBTphobie, les gays, les lesbiennes, les trans, les bisexuels, ou vaudrait-il mieux regrouper tout ça et agir de façon plus globale ? 

Alors on ne peut pas agir de manière globale, parce que chaque LGBTphobies va avoir des caractéristiques particulières. Chaques lgbtphobies va nécessiter d’agir sur des points différents. Donc c’est important d’avoir ces termes et de pouvoir combattre individuellement chaque phobie ! 

Je comprends. Et bien merci beaucoup d’avoir accepté de nous éclairer sur cette question. 

Comme vous avez pu le constater, la lesbophobie est encore bien d’actualité et les femmes qui en souffrent sont contraintes de se battre contre deux choses à la fois : la lgbtphobie et le sexisme. Même si ce combat a été mis en avant par les médias en 2019, il est de nouveau tombé dans l’oubli. Cependant, SOS Homophobie publie régulièrement des chiffres sous forme de rapports à la fois mensuels et annuels. Vous pouvez donc aller les consulter. Toutes les lgbtphobies sont présentées, expliquées et recensées, et tous les combats que mène l’association le sont aussi tout comme ceux des particuliers.

Pour lire plus d’articles sur les LGBTphobies : Garçon Magazine Homophobie, LGBTphobies