L’enfant queer : cauchemar pour les parents hétéros et cisgenres

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Des millions de parents pensent qu’entendre des termes queer à l”école ou dans les médias, vont « convertir » leurs enfants. Pourquoi la possibilité que leurs enfants se révèlent LGBTQ terrifie-t-elle ces parents au plus haut point ?

En ce moment, on entend parler que de ça. Surtout avec la polémique de la mesure législative “Don’t Say Gay” qui a vu le jour en Floride, aux Etats-Unis. 

Nos fils d’actualité sont inondés d’histoires de ces initiatives homophobes, sous le couvert des droits parentaux (petite pointe de nostalgie de l’année 2013, la Manif Pour Tous, on pense à toi…)

Bien avant que “Don’t Say Gay” soit au coeur des discussions. Ces initiatives homophobes se traduisaient déjà par une censure assez franche et directe de tout comportement queer à la télévision ou au cinéma. 

Représentation queer au cinéma et à la télévision, Disney reste timide

Les employés de chez Pixar (compagnie rachetée par Disney en 2006) nous l’ont récemment confirmé. Les scènes de tendresse entre deux personnages de même sexe sont régulièrement amputées de la version finale. Les films Luca, Raya ou encore Alerte Rouge en sont les plus récentes victimes. 

Disney reflète-t-il ses penchants politiques dans ses créations ou est-ce la peur d’un bad buzz. Leur silence ne nous dit pas grand chose, mais peut-être aurons-nous notre réponse incessamment sous peu. 

Et puis après tout, que craignent les parents ? 

Ce n’est pas parce que leur enfant lit Call me by Your Name qu’il deviendra automatiquement queer. De même qu’en chantant Sister Act dans ma douche, je n’ai pas fini religieuse. Une peur ancrée chez ces parents conservateurs qui finit par atteindre leurs enfants, donc beaucoup finissent dépressifs ou encore refoulés.

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Bien que le monde évolue et que les enfants queer ne soient plus autant marginalisés par les médias ou la société, il reste des sequelles d’intolérance dans les films pour enfants Disney. C’est à dire, ceux que tout le monde regarde et retient. 

Censure queer au cinéma, à la maison, jusqu’aux salles de classe…

Il y a encore peu, dans certaines villes, avoir des professeurs d’école queer était condamné par certains parents extrémistes. Ces derniers avaient peur que les éducateurs influencent leurs enfants. La mesure législative “Don’t Say Gay” a pour but d’empêcher les enseignants de discuter de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre en classe. Ce qui rappelle cet état d’esprit dépassé qui réduit, une fois de plus, notre communauté au silence. 

Face à cette législation, Clifford Losky, défenseur des droits des LGBTQ+ a évoqué une de ses craintes dans son article Fear of the Queer Child. Selon lui, les parents craignent l’endoctrinement à l’école, l’apprentissage auprès de modèles queer et l’approbation publique des individus queer. Ce qui, pourtant, conduirait tout simplement à un plus grand nombre d’enfants qui auraient moins de mal à s’accepter comme ils sont. 

Donc, quand je me rends dans les bibliothèques de ma ville natale et que j’écoute les parents qui prétendent que lire Mes Deux Mamans et Moi va rendre leur enfant gay, mon seul argument est “et même si c’était le cas, et alors ? ».

Allez-vous cesser de vous occuper d’eux ? 

Les mettre à la porte de votre maison parce que vous êtes gêné que vos voisins vous jugent injustement ? 

Leur faire ressentir une telle honte qu’ils mettront fin à leur vie ? 

En tant que femme queer qui n’a jamais eu de livres LGBTQ à lire en grandissant, ni de modèles à suivre, ni de professeurs ouvertement gays, ma question est la suivante :

« Si ces représentations queer dans les médias ou à l’école sauvaient la vie de votre enfant. Votre réputation ou votre religion occuperait-elle une réelle place dans la balance ?”

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