L’Open café ferme ses portes

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Fermeture de l’Open Café, une mauvaise nouvelle nous tombe dessus, une fois de plus…

Le fameux Open Café ferme ses portes fin Juin 2022. Cela faisait déjà plusieurs années que petit à petit, les établissements LGBTQ+ du marais ferment leurs portes.

Open Café, victime de la boboification du quartier

Les bars disparaissent et le quartier gay voit fleurir des boutiques de luxe ou de prêt-à-porter un peu partout. Concrètement, c’est de plus en plus bobo. L’Open Café était l’un des derniers remparts face à la gentrification du quartier. Se situant à l’angle de la rue des Archives et de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, ce bouclier contre la spéculation immobilière tombe à son tour.

Comme l’a précisé “Le Parisien”, Bernard Bousset, patron de l’emblématique bar gay du Marais, a vendu son affaire à un fonds d’investissement. Un pari qui a tenu tout de même plus de 20 ans. Il est devenu légende et endroit emblématique de notre quartier préféré. C’est donc le lendemain de la Gay Pride, le 26 Juin 2022, que Bernard Bousset passera les clés sous la porte, après s’être battu 4 ans à garder son bar ouvert.

A cette occasion, une fête d’adieu est organisée.

« J’ai signé le 23 février 2022 la vente du fonds de commerce et des murs au fonds d’investissement français Black Swan, pour un montant que je ne divulguerai pas ».

Open café : un investisssement humain de taille

Bernard Bousset, qui avait déjà vendu en 2006 le Raidd Bar situé rue du Temple “pour une poignée de cerises”. Nous raconte ne pas avoir pu jouer de la même façon pour l’Open Café. En effet, il n’a pas trouvé de profil correspondant à l’investissement que ce bar implique.

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« Je n’ai pas trouvé dans la communauté le profil qui corresponde. Sachant que diriger cet établissement de 20 salariés exige un investissement à 100 % sept jours sur sept. Il faut aussi avoir les moyens de racheter un commerce qui faisait 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires annuel avant le Covid ».

Malgré notre déception, on ne peut qu’admirer Bernard Bousset. Il s’est révélé être aux fils des années, un businessman dont on aimerait apprendre les cordes.

« Quand j’ai créé l’Open en 1995, premier café gay avec terrasse ouverte sur la rue, cet endroit ne valait rien. La boutique en face était un dépôt de cartons. Sans parler du bar PMU en faillite à côté, devenu la brasserie Les Marronniers. En 1998, lorsque j’ai racheté les murs de l’Open pour 500 000 francs, personne n’en voulait, car tout le monde trouvait ça trop cher ! »

Besoin de repos…

Un sens des affaires exceptionnel qui justifie son succès qui a duré plus de 20 ans. Cependant, il est de notre devoir de comprendre la fatigue que ce personnage a dû ressentir durant toutes ces années et son envie de se reposer.

« Je voudrais profiter des quelques années qui me restent pour méditer, écouter de la musique, regarder la nature dans ma maison en Normandie »

On lui souhaite une belle continuation et de bonnes siestes bien méritées !

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