Journée de visibilité des lesbiennes…On n’a rien vu.

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Visibilité des lesbiennes, la grande question c’est : est-ce que vous avez vu quelque chose ? 

Parce que honnêtement, nous, on n’a rien vu. Alors c’est bien beau d’y consacrer une journée, mais si ce n’est qu’un nom, qu’un titre ? Et bien, ça ne sert à rien.

Au lendemain de l’élection présidentielle, SOS homophobie a attendu du nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron deux choses. Une réelle implication dans la lutte pour l’égalité et une réelle prise de position dans la lutte contre les LGBTphobies. Deux axes indispensables pour lutter contre la lesbophobie et permettre une plus grande visibilité des lesbiennes. 

Quelques chiffres pour vous éclairer sur la situation

En 2020, selon le rapport du Boston Consulting Group (BCG). Seulement 37 % des lesbiennes avaient fait leur coming out au travail, contre plus de la moitié des gays. 

En 2020, les actes lesbophobes dans l’espace public se sont produits dans 68% des cas envers des couples de femmes. Alors que les couples d’hommes n’étaient visés que dans 20 % des cas dans le même contexte.

Des chiffres qui s’expliquent par un schéma sociétal ancré dans le patriarcat. 

Dans notre société, l’homme est considéré comme la norme. A la fois dans la lutte contre l’homophobie et dans les relations femmes/hommes. Ce qui entraîne une double invisibilité des lesbiennes et une absence de prise en compte des particularités de la lesbophobie. Cette invisibilité se manifeste au sein des luttes contre les LGBTIphobies. Dans l’histoire des mouvements LGBTI mais également dans les programmes de lutte contre les discriminations. 

Ce manque de visibilité des lesbiennes est intrinsèquement lié à la place et aux droits des femmes dans la société. SOS homophobie demande au gouvernement de mettre en place un plan d’ampleur d’égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre le sexisme. 

La santé des lesbiennes toujours au placard

Les résultats d’une enquête suisse publiée en 2020 révèlent que plus du tiers des lesbiennes ont subi des discriminations au cours de leur parcours de soin. Un quart d’entre elles n’ont pas de suivi gynécologique. SOS homophobie demande à ce que des campagnes de sensibilisation envers les femmes, ayant des relations avec d’autres femmes, soient mises en place par le gouvernement. Un programme de formation complet à destination des professionnel‧les de santé doit aussi être dispensé dans toutes les formations médicales et paramédicales. 

Une reconnaissance de la maternité des lesbiennes en demi-teinte

Depuis peu, les couples de femmes ont enfin la possibilité de réaliser leur projet parental en ayant recours à la  PMA en France, une avancée importante en direction de l’égalité des droits pour les  couples lesbiens. Pourtant,  l’existence des familles homoparentales au sein de la société française est toujours niée. SOS homophobie demande à ce que les questionnaires administratifs reflètent la diversité des familles et ainsi qu’aucune famille ne soit plus marginalisée ou stigmatisée. 

Une justice toujours à la traîne

Il aura fallu attendre 2021, pour que la justice condamne, pour la première fois, un homme pour « viol en raison de l’orientation sexuelle » sur une femme lesbienne. Soit 17 ans après la création du caractère aggravant des délits s’ils sont commis en raison de l’orientation sexuelle. Il s’agit d’une victoire dans la reconnaissance par la justice des violences subies par les lesbiennes en raison de leur orientation sexuelle. 

Si vous êtes arrivés jusqu’au bout de l’article, c’est que vous êtes probablement aussi indignés que nous. La lutte contre la lesbophobie est une bataille longue qui ne sera pas finie en 3 jours, ceci dit, un peu plus d’implication de la part du gouvernement ne sera pas de trop. Notre communauté a le devoir de s’entraider et de lutter pour la représentation de chacun.

Retrouvez l’interview de la présidente de SOS Homophobie: ici !