Jean-Luc Roméro : « Faisons de la lutte contre le sexisme et les LGBTQIphobies la grande cause nationale de 2019 »

...

Face à la recrudescence des actes LGBTphobes durant la fin d’année 2018, l’urgence d’agir se fait encore plus prégnante. Alors que les débats pour l’ouverture de la Procréation médicalement assistée à toutes les femmes devraient s’ouvrir au printemps prochain, avec son lot probable de déclarations indécentes, l’élu parisien et conseiller régional d’Île-de-France anticipe et a décidé de se lancer dans un nouveau combat pour que la lutte contre les discriminations soit au cœur de l’action gouvernementale cette année. À ce jour, plus de 46 000 signatures ont été recueillies sur une pétition lancée le 2 novembre. Reste à savoir ce qu’en fera un exécutif impopulaire à la recherche d’un second souffle. Nous l’avons rencontré pour savoir quels sont ses espoirs de voir ce projet aboutir.

Propos recueillis par Grégory ARDOIS-REMAUD

Vous avez lancé une pétition pour que le sexisme et que les LGBTQIphobies soient la grande cause nationale pour 2019. De quel constat est parti ce désir de lancer ce manifeste ?
Tout le monde dit qu’il faut réagir, mais concrètement, qu’est-ce qu’on fait ? Il y a des plans concrets à mettre en place comme l’a fait la Mairie de Paris [la Ville de Paris a prévu un plan de 32 mesures pour lutter contre les LGBTQIphobies en 2019], quelques annonces du gouvernement… Mais ce n’est pas suffisant ! On sait que l’année prochaine va être une année compliquée avec les débats autour de la PMA pour toutes. On sait ce que ça va encore susciter, et on l’a vu avec les déclarations honteuses et scandaleuses de Laurent Wauquiez [comparant
la PMA à l’eugénisme].

Concrètement, ça veut dire quoi « faire des LGBTQIphobies, la grande cause nationale ? »
L’idée en est la possibilité d’avoir, durant un an, des campagnes de communication gratuites, qui pourront donc contrecarrer certains de ces propos. Les projets seront, de plus, portés par un collectif d’associations qui vont travailler ensemble tout au long de 2019. L’autre point, c’est que ça va obliger le gouvernement et chaque ministère à travailler de façon transversale sur les questions de sexisme et de LGBTQIphobies qui sont, quelque part dans la hiérarchie des discriminations, mises à part des autres. Elles n’ont pas le même poids que le racisme, par exemple. Regrouper ces trois intérêts sous une grande cause permet de montrer que toute discrimination, quelle qu’elle soit, est inacceptable. Le conseil de Paris a voté à l’unanimité en sa faveur, tout comme le conseil régional d’Île-de-France. Il y a un vrai mouvement.

Quelles ont été les réactions des politiques, ou des gens, autour de vous lorsque vous avez lancé cette pétition ?
Plutôt bonnes ! On a quand même récolté plus de 45 000 signatures à ce jour. Du côté des politiques, ceux que l’on a sollicités ont toujours été plutôt avec nous. Beaucoup ont signé sans médiatisation. De même du côté des associations. Tout le monde trouve que c’est une bonne idée : Le Refuge ou SOS Homophobie par exemple. Ils savent que ce sont eux qui vont devoir porter cette cause si on l’obtient. Et puis il y a vraiment ce besoin de travailler ensemble, face à nos adversaires organisés, virulents, et qui ont des moyens.

On approche des 50 000 signatures, quelles sont les prochaines étapes ?
L’année dernière la grande cause a été décidée, tardivement, en mars. D’ici la prise de décision, et on ne connaît pas les autres causes en lice, on veut faire une campagne vidéo pour en faire parler. J’ai écrit au Premier ministre, et je n’ai toujours pas eu de réponse. Je pense qu’il attend de voir comment évolue la pétition. […]

Pour signer la pétition, cliquez ici

Crédit photo couverture : Simon Escalon

Retrouvez la suite de l’entretien dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible chez votre marchand de journaux.

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.