Eddy De Pretto : Gloire d’un génie ordinaire.

Certains lui donnent du Stromae, du Charles Aznavour et même du Édouard Louis (il fallait oser). Il est une véritable star depuis seulement quelques mois même s’il n’a que...

Certains lui donnent du Stromae, du Charles Aznavour et même du Édouard Louis (il fallait oser). Il est une véritable star depuis seulement quelques mois même s’il n’a que 24 ans. Personne n’a pu échapper au cyclone Eddy de Pretto et, alors qu’il est démoli sans vergogne par Libération, le jeune chanteur n’en finit pas de faire vibrer ses fans chaque jour plus nombreux.

Qui est ce petit bonhomme au style rétro et à la coiffure approximative qui met tout le monde d’accord (excepté Libé) sur le fait que son verbe fin et frais est une révolution dans la galaxie – tumultueuse – du rap français ? Il faut beaucoup de courage pour s’attaquer à un milieu où la concurrence est si féroce, où l’argent l’emporte souvent sur la qualité et où les grandes stars sortent un album comme on dit « bonjour ». Le jeune chanteur, d’abord acteur, nait à Créteil d’un père chauffeur de poids-lourds et d’une mère technicienne de laboratoires. Sa vie d’enfant, son homosexualité, ses amours, ses peines, il les racontent dans son premier album, Cure, sorti le 2 Mars 2018, à la manière d’un Édouard Louis de gouttière.

 

Comment peut-on insulter à ce point, comme le fait Libération, un jeune artiste à peine sorti de l’oeuf ?

 

Autre question qui peut se poser sachant le tumulte que provoque la moindre remarque un tant soit peu sexiste, raciste ou homophobe dans cette société policée où « philtre » est un mot d’ordre : Comment peut-on insulter à ce point, comme le fait Libération, un jeune artiste à peine sorti de l’oeuf ? Comment peut-on parler de lui en le désignant comme un « sans-dents, gay et roux » comme s’il s’agissait d’une insulte ? Quelle mouche a bien pu piquer Charline Lecarpentier et Olivier Lamm pour aller aussi loin dans l’exagération critique à l’égard d’un album et d’un artiste qu’ils auraient simplement pu se contenter de détester ? Comment peut-on seulement parler de « monstruosité » et de « laideur » avant de désigner un artiste par ces trois adjectifs visiblement considérés comme des tares, comme une combinaison surnaturelle qui rendrait impossible l’accès au succès ? On en reste sans voix, sans réponse, bouffis d’incompréhension.

Car, à la seule écoute de « Fête de trop », il est hautement difficile de ne pas succomber au charme subtil du style raffiné, élégant et poétique de ce garçon sorti d’on ne sait trop où et qui courre et courre, encore et encore, toujours plus loin vers une inquantifiable renommée dont on ne saurait mesurer la portée tant le phénomène est hors-norme… à la manière d’un Stromae, c’est vrai. Mais si son ascension paraitra pour beaucoup semblable à celle du chanteur belge, le style n’en demeure pas moins très différent et la comparaison artistique défiera, en toute logique, toutes les lois du bon sens tant Eddy de Pretto surpasse avec brio celui qu’on voudrait lui imposer comme principale inspiration.

Eddy de Pretto n’est ni une copie conforme ni un stéréotype. C’est un artiste qui joue aujourd’hui dans la cour des grands et dont on espère qu’il saura nous ravir de ses textes savoureux interprétés par sa douce voix grave pendant encore un très long moment !

Plus d’infos :
eddydepretto.com

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