Berlin, capitale du Queer ? bons plans et lieux branchés!

« Berlin m’appelle ! » chantait Christophe Willem. Et on le comprend. A deux heures de Paris, cette ville aussi queer que sexe peut vite devenir addictive ! Je vous donne ici quelques uns de...

« Berlin m’appelle ! » chantait Christophe Willem. Et on le comprend. A deux heures de Paris, cette ville aussi queer que sexe peut vite devenir addictive ! Je vous donne ici quelques uns de mes bons plans et lieux préférés !  

Pour toutes les bourses 

L’avantage numéro 1 de Berlin, c’est que la ville est accessible à toutes les bourses. Avec des vols aller-retour à moins de 100 euros, on peut se faire un petit week-end sympa sans avoir à casser sa tirelire. Idem pour les logements souvent spacieux, propres et avec un rapport qualité/prix imbattable (idéal pour les voyageurs solo qui veulent s’offrir un peu de confort). Pour ma part, j’ai tendance à choisir l’hôtel près de mes lieux de sortie nocturne afin de ne pas avoir à galérer pour rentrer. Même si Schöneberg, le quartier gay historique, perd de sa superbe (rattrapé par la gentrification et de nouveaux lieux plus trendy comme Kreuzberg ou Prenzlauer Berg où se tient chaque jeudi le cabaret queer de Chantal à la House of Shame), il reste une valeur sûre avec quantité de bars et de lieux de cruising historiques (pensez à prendre vos capotes, tous les établissements n’en ont pas toujours en libre service). C’est aussi dans ce quartier que vous trouverez les principales boutiques fetish pour préparer votre look du soir, une très grande librairie, ou encore le célèbre magasin gay Bruno’s (qui appartient à la maison d’édition du même nom) devant lequel trône l’ours de Berlin aux couleurs arc-en-ciel.  Plusieurs fois dans l’année, Schöneberg bloque ses rues à la circulation pour des événements à ciel ouvert comme la Stadt Fest (en juillet) ou la célèbre Folsom (début septembre) sur le modèle de celle de San Francisco.  

 

Si vous voulez loger dans le coin, je vous conseille un chouette b&b gay, le Bananas avec de grandes chambres et une cuisine partagée. Moins glamour (mais très fonctionnel), le Ibis Budget Kurfürstendamm vous permettra de profiter du quartier à moindre coût. J’ai été, par contre, beaucoup moins convaincu par le Axel Hôtel, la chaîne d’hôtellerie gay. Il y a certes un jacuzzi sur les toits qui vous donne une vue imprenable sur la ville mais les chambres restent quand même très chères comparées à leur taille. Même déception au Tom’s Hotel qui mériterait un rafraichissement et surtout un peu plus de courtoisie de la part du personnel. Son seul intérêt est de proposer une carte qui donne des ristournes dans les établissements partenaires. Quitte à faire dans le 100% gay autant aller au Gay Hostel qui, sur les principes des auberges de jeunesse, propose une expérience beaucoup plus conviviale ! Pour le petit déjeuner ou le brunch, vous trouverez aisément un café pour vous rassasier ou éponger vos excès de la veille. J’avoue que j’ai eu un coup de cœur pour le Café Kalwil, à la déco kistch et rococo à souhait ! 

La capitale du queer 
Berlin est clairement la ville où le sens du mot « queer » prend tout sens avec une communauté LGBT très dynamique qui n’a pas peur de se mélanger… dans tous les sens du terme. Et ce, depuis très longtemps. Comme l’a dépeint Christopher Isherwood dans Adieu à Berlin, roman qui inspira la comédie musicale Cabaret, le Berlin des années 1920 était déjà le carrefour européen d’une contre-culture interlope. L’avènement du nazisme a bien entendu compromis ces élans de liberté (un mémorial aux homosexuels persécutés a d’ailleurs été érigé en 2008). Mais une fois la guerre terminée, Berlin a retrouvé peu à peu ses fondamentaux gay friendly, d’abord à l’Ouest puis à l’Est, après la chute du mur. Une fierté revendiquée dans des événements d’envergure, à l’image de la Berlinale (l’équivalent de Cannes chez nous) qui a créé en 1987 les Teddy Awards afin de récompenser les meilleurs films traitant de l’homosexualité. Berlin est aussi l’une des rares villes européennes à avoir un musée et centre d’archives LGBT digne de ce nom : le « Schwules Musuem» (Schwul veut dire gay en allemand). Ouvert en 1985, il s’est déplacé en 2013 de Kreuzberg à Tiergarten et a gagné de spacieux espaces d’exposition. En 2015, l’établissement s’est même associé avec le prestigieux Deutsches Historisches Musuem pour « Homo Sexualität_en », une passionnante rétrospective sur l’histoire de l’homosexualité en Allemagne. Quant aux amateurs de glamour et de divas, ils pourront aller faire un tour au Musée du cinéma admirer les robes portées par Marlene Dietrich ou bien assister à la revue The One, au Friedrichstadt Palast, un spectacle haut en couleurs et très gay imaginé par Jean-Paul Gaultier !  

Cul et Culturelle ! 

 
Que vous soyez culturel ou tout simplement cul, vous trouverez toujours de quoi assouvir vos envies ! Parfois même en mêlant les deux, à l’image du Porn Film Fest qui a lieu fin octobre au Moviemento, un vieux cinéma de Kreuzberg. Réalisateurs et spectateurs s’y retrouvent pour regarder des films autour de la sexualité, débattre et, bien entendu, faire la fête lors de soirées mémorables avec DJs, performances… et backrooms ! Je crois que c’est la première fois que j’ai vu des gays, des lesbiennes, des hétéros et des trans coquiner ensemble dans la joie et la bonne humeur ! Un état d’esprit que j’ai récemment retrouvé à la Pornceptual, une nouvelle soirée démente. Forte de son succès, elle est désormais mensuelle et réunit tous les genres et sexualités pour une folle nuit de clubbing, d’installations et de moments kinky. Dress code conseillé : fetish, sous-vêtements ou complètement à poil ! Pensez à venir TRES tôt ! 

Et si vous trouvez ces événements un peu trop « vanille », pas d’inquiétude! Pour ce qui est du sexe pur et dur, Berlin dégage une énergie incroyable, souvent mêlée de cuir, de fetish et de naturisme ! Pas étonnant que la Hustlaball, la grande soirée du porno gay, y fasse le plein chaque année ! Mais le lieu qui fait le plus parler, c’est le Lab, sex club affilié au Bergheim. Véritable institution, ce temple de la débauche nous plonge dans une ambiance bunker et industrielle digne des meilleurs films Cazzo. On doit arriver entre 22h et minuit, on met ses affaires dans un sac fourni à l’entrée et c’est parti mon kiki ! Pour les néophytes, la soirée du vendredi est celle que je conseille pour se familiariser avec le lieu. Plus mainstream (le dress code est libre), elle peut réunir jusqu’à 1 000 mecs !! Les autres jours sont réservés à des thématiques plus ou moins trash… Consultez bien le programme ! Deux fois par an, le Lab et le Bergheim s’associent pour la Snax, une sex party de 12heures qui a de nombreux afficionados ! S’il vous reste encore un peu de « cartouches », vous pourrez vous déhancher en harnais sur la piste du Kit Kat Club ou bien tenter l’expérience de la Foire aux lopes soirée mensuelle où les passifs sont cagoulés et soumis au bon vouloir d’actifs dominants !  Le dimanche après-midi, j’aime bien me détendre avec un petit sauna. Mon préféré reste le Boiler à Kreuzberg, très bel établissement sur trois étages, dont un espace restauration et une terrasse extérieure. Beaucoup de monde en général, donc vous ne resterez pas longtemps très seul ! A la sortie, n’oubliez pas d’aller faire un tour chez Curry 36 pour déguster une fameuse  « curry wurst » avant de partir à la chasse d’autres spécialités locales ! 

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