Axel, magnifique histoire d’un homme gay séropositif fier et heureux

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Axel, gay et séropositif, a tout pour être heureux : un compagnon, un travail et des enfants. Une vie dont il est fier aujourd’hui mais qu’il a dû construire tant bien que mal, avec sa maladie. Il se confie. 

Axel

13 juin 2008. Derrière cette date qu’on peut penser anecdotique se cache un événement foudroyant pour Axel. Alors qu’il est en pleine consultation, son médecin lui annonce sans crier gare sa séropositivité, ce dont le presque trentenaire (à l’époque, NDLR) était loin de s’imaginer. “Il m’a expliqué que c’était de ma faute, alors que non.”, confie-t-il, ému. A compter de ce jour, il vit très mal, sombre dans une profonde déprime. Et ce, pendant un an. “Le monde s’anéantissait autour de moi, je n’avais plus d’avenir, ne croyais plus à l’amour.”, exprime-t-il à propos de cette période. Pourtant, la rencontre avec son actuel compagnon, en décembre 2009, va venir changer la donne…

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A peine se met en couple qu’Axel joue cartes sur table en révélant sa séropositivité. Son partenaire, alors père d’une fille de 18 ans, accepte tout de suite la situation. Dès lors, il reprend goût à la vie et jouit de cette relation amoureuse, jusqu’ici inespérée. Et, cette romance qui dure devient un engagement marital lorsque les deux hommes se pacsent. Voyant leur amour grandir et grandir encore, le frais trentenaire de l’époque parle alors du projet de coparentalité, abandonné après son diagnostic, à son mari. Ce dernier dit oui sans une once d’hésitation. C’est le début d’un grand projet ! 

De la fondation d’une famille

Vingt-ans après la première demande, Axel sollicite à nouveau sa meilleure amie sur son désir, qui, sans que cela n’étonne le demandeur, accepte tout de suite. La partie administrative se passe bien, en dépit des appréhensions (sur la séropositivité notamment, puisque “donneur”). Pourtant, quand la partie pratique arrive, les démarches deviennent plus compliquées. “Avec l’âge, [ma meilleure amie] a dû prendre un traitement hormonal spécifique, des médicaments aussi”, précise-t-il. La méthode artisanale ne marchant pas, les partis prenants optent pour une fécondation in vitro. Ils y croient dur comme fer, voient de nombreux spécialistes français… en vain. 

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N’abandonnant pas pour autant, Axel, son compagnon et sa meilleure amie se rendent en Espagne pour engager de nouvelles démarches. “Nous avons été reçus dans une très bonne clinique, [ce qui nous a permis de faire les démarches] dans les règles, pour qu’il n’y ait aucun risque, nous comme les futurs enfants. Et là, c’est un succès. Suivant neuf mois de maternité, ils accueillent non pas un mais deux enfants, des jumelles pour être précis. C’est une consécration. Aujourd’hui, le couple est heureux avec ses deux filles de quatre ans. Et, à la sortie de la crise sanitaire, il entend aller plus loin en voyageant à nouveau et, pourquoi pas, se marier. En tout cas, on leur souhaite plein de bonheur. 

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Le message d’Axel : “Je ne sais pas si je suis de bon conseil. Mais, ce que je pourrais dire, c’est de réfléchir (même si c’était une évidence pour moi) sans se poser trop de questions, s’écouter soi. La vie n’est pas rose, on se met généralement des barrières alors qu’on peut connaître le bonheur. Ce qui est inutile quand il y a de l’amour. J’en suis la preuve incarnée.”

Axel

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