Piros Coltman, le poète dessinateur

Il suffit de se promener dan Le Marais ou a certaines soirées pour voir que Piros a colonisé une partie de notre communauté avec des tee-shirt homme-animaux. C’est donc...

Il suffit de se promener dan Le Marais ou a certaines soirées pour voir que Piros a colonisé une partie de notre communauté avec des tee-shirt homme-animaux. C’est donc tout naturellement que nous avons voulu nous intéresser à cet artiste dont beaucoup des œuvres que nous vous présentons sont presque des poèmes par leur douceur et leur univers. 

Qui est Piros Coltman ? Peux-tu nous parler de l’homme et du dessinateur ?

Je trouve qu’il est toujours assez difficile de parler de soi-même sans vanité ou fausse modestie. Se décrire avec honnêteté, entre celui que l’on aimerait être et celui que l’on est vraiment. Par exemple, je me sens militant LGBTQ, gaucho-écolo, féministe dans l’âme, mais je pense l’être peu dans les faits. Je ne fais partie d’aucune association, je prends l’avion et défile dans les rues trop rarement. J’essaie néanmoins de minimiser mon impact sur la planète, chaque jour, en partant d’un principe de base : ne pas faire aux autres ce que je ne veux pas que l’on me fasse. Je crois profondément à ces héros du quotidien. Je pense que le dessinateur est le reflet de cette démarche. J’essaie de montrer, à travers une certaine perfection notre nature profonde. Eros et Thanatos sont omniprésents dans mon travail. Tout comme dans une Vanité, l’homme aussi beau soit-il, est mortel. Et c’est cette condition d’être mortel, qui nous met tous sur un pied d’égalité aujourd’hui.

Tes dessins sont d’inspiration très large : animalière, mythologique, crypto gay… Peux-tu nous dire d’où vient toute cette inspiration et le sens de ton art ?

Je suis, en effet, un passionné de mythologie de toutes époques et de tous pays. Je trouve fascinant de voir la contemporanéité dans des histoires vieilles de plusieurs milliers d’années. Selon moi, les histoires sont les liens qui unissent les peuples et c’est ce que j’essaie de laisser transparaître dans mes dessins. J’aime « crypter » mes dessins avec des symboles cachés, jouer avec la censure qui ressurgit avec vigueur ces dernières années notamment sur les réseaux sociaux qui n’hésitent pas à mettre à l’index des œuvres comme l’Origine du monde de Courbet ou la Liberté guidant le peuple de Delacroix.

Pars tu de modèle existant ? Qui sont tous ces hommes très virils, poilus ou au corps parfait ?

Mes modèles proviennent de sources diverses. Au départ, c’étaient surtout des mecs que je trouvais sexy dans les magazines ou sur le net et que je recopiais comme pour assouvir un désir. Puis, mon travail évoluant j’ai eu besoin de poses spécifiques, afin d’illustrer mes idées. Certains de mes amis ont posé pour moi. Cela m’arrive aussi de poser moi-même lorsque je ne trouve la réponse anatomique nulle part ailleurs. Mais le plus souvent, il s’agit de « créatures de Frankenstein », c’est à dire que je fais un croquis préparatoire, puis je fais de longues recherches internet, pour avoir la tête d’un tel, les yeux d’un autre, le bras, la jambe, la …;) etc. Je les assemble ensuite au fur et à mesure de l’avancée de mon dessin. Aujourd’hui, je dessine de plus en plus d’imagination me dispensant de modèle existant.

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