Hommage à Michou, la fine fleur bleue du cabaret

Il était le prince bleu de Montmartre, la belle du 18 juin, le mimi de sa grand-mère, l’homosexuel le plus aimé de France, le chouchou de ses amis proches...

Il était le prince bleu de Montmartre, la belle du 18 juin, le mimi de sa grand-mère, l’homosexuel le plus aimé de France, le chouchou de ses amis proches … Michou nous a quitté à l’âge de 88 ans, dans sa chambre de l’hôpital Saint-Mandé (Paris), dimanche 26 janvier. Ce décès laisse une France triste mais fière de cette icône gay haute en couleur. Garçon Magazine a décidé de lui consacrer un article pour honorer sa mémoire.

L’histoire d’amour entre Michou et Paris commence le 13 juillet 1956. A la place d’un bar, Chez Madame Untel, l’icône y lance le premier établissement en pleine cœur de Montmartre avec deux amis, Eugène et Lucien … bien avant l’époque des drag-queens. Un jour, il a l’idée d’« une soirée un peu fantaisiste » : « Et, si on déguisait ? », dit alors Michou à ses deux copains. Dans un spectacle de 20 minutes, il est Miss Glassex, pendant les deux autres incarnent La Grande Eugène et Phosphatine. La prestation met le feu aux poudres, le bar d’hier devient rapidement le cabaret transformiste d’aujourd’hui. Le tout-paris se bouscule alors pour avoir une place aux premières loges. C’est le point de départ d’un long succès, qui va se perpétuer au fil des années.

Un haut-lieu pendant plus de 60 ans

Un spectacle d’un tout autre genre, Les Douze Michettes, prend forme et ne cesse de se renouveler. Au rythme de nombreuses prestations, les travestis prêtent leurs traits aux grandes icônes de la scène artistique. Nous y trouvons, parmi les nombreuses imitations réalisées, Edith Piaf, Sylvie Vartan, Vanessa Paradis, Céline Dion, Chantal Goya, Dalida, Brigitte Bardot et plein d’autres. Les personnalités influentes défilent Chez Michou, parmi Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, le couple Chirac, Jean-Luc Reichmann, Line Renaud, Joey Starr et même la dernière première dame française en date, Brigitte Macron. Rapidement, les médias s’emparent de cette notoriété et les illustrent de leurs plus beaux titres : « Quand Paris se travestit » ou encore « Chez Michou, scène politique ». Michou et son cabaret inspirent même de nombreux réalisateurs, parmi Claude Lelouch (La Bonne Année) et Edouard Molinaro (La Cage aux Folles)

Le cabaret est, pour Michou, aussi une occasion de consacrer sa seconde vocation, la musique. Entre deux prestations de travestis, l’icône y interprète ses plus grands titres : Plus joli qu’une fleur, Fofolle, Signé Michou et même L’homme à femmes. Pour ses 70 ans, il réalise un titre autobiographique pour commémorer sa carrière et son établissement parisien, Michou, c’est qui ?. En hommage à sa grand-mère analphabète, ce chevalier de la légion d’honneur consacré depuis 2005 organisait des soirées pour les personnes âgées.

Sa mort, fin du cabaret ?

De son vivant, Michou évoquait déjà la fermeture définitive de son cabaret s’il venait à mourir. « Cela peut paraître prétentieux mais le cabaret ne survivra pas », avait affirmé l’icône. Toujours selon ses volontés, l’icône souhaitait que « son cercueil bleu » passe devant son cabaret avant de gagner le Cimetière Saint-Vincent. A terme, il y énonçait même une dernière requête. « Que l’on appose une petite plaque où figure mon nom sur la façade du cabaret. Les gens diront : C’était Chez Michou, ici ! », exprimait-il.

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