Hedi, un artiste borderline jeune et très charmant

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Chorégraphe et danseur, Hedi est un artiste complet basé à Toulouse. Dans ses photos et ses prestations, il laisse ressortir toute l’essence de sa personnalité, hors des codes. Dans l’attente d’un prochain projet, le jeune homme se replonge, avec nous, dans les prémices de son parcours, le temps d’un instant.

Hedi, êtes-vous tel que nous vous voyons sur Instagram : charmant, doux, au regard profond ?

Oui. Ce sont quelques traits qui me correspondent, mais je garde quelques secrets sur moi, évidemment. Après, j’utilise Instagram afin de montrer ce que je sais faire, dans la danse et la photo notamment, mais aussi de partager les belles choses de la vie. 

Vous avez créé ce qu’on appelle, dans le jargon, une “house”. Répond-elle aux mêmes principes de ce qu’on peut voir dans le voguing et le drag ?

Pas tout à fait. Je m’en suis inspiré pour l’adapter à l’échelle d’un collectif d’artistes, avec ses libertés et ses moyens d’expression. Et puis, comme dans une maison (ou bien une famille), on se parle, s’écoute, se comprend et on s’éduque aussi.

Sur vos photos, vous montrez vos parts de féminité et de masculinité. Est-ce une manière de briser les codes de la binarité de genre ?

Oui, mais un peu différemment. Pour être franc, c’est quelque chose que je ne calcule pas, même si je sais que cela sert le propos. Je regarde juste si ça me ressemble. 

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Pendant longtemps, la féminité a été quelque chose que je voulais voiler, cacher, car introverti. Mais aujourd’hui, je suis en accord avec l’idée, j’y adhère. J’accepte même des collaborations qui répondent à ces thèmes homme/femme.

Finalement, que vous apportent ces deux disciplines ?

Ce sont des challenges. Depuis mes dix ans, la danse, langage que je saisis petit à petit, me permet d’avancer dans la vie, avec son lot d’expériences. 

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Pour la photo, cela m’aide à évoluer, à comprendre mon corps, ça procure un certain bien-être, ça crée des rencontres, de la satisfaction, des doutes aussi. Les deux ensembles capturent l’émotion d’une gestuelle pour la rendre éternelle.

Récemment, vous avez participé à l’aventure de Soirée Draguisée. Que tirez-vous de cette expérience, Hedi ?

Ça m’a beaucoup apporté, j’en suis sorti grandi. Dans la série, je joue un rôle que j’ai dans la vraie vie (avec un peu d’exagération), à savoir diriger un groupe (des drag-queens, dans ce contexte) qui n’ont jamais dansé. Je suis plutôt content du résultat.

Toujours concernant votre personnage, vous avez campé votre pendant féminin, Désira, lors du season final. Par la suite, entendez-vous l’amener sur scène ou la laisser dans cet univers ?

Peut-être pas sous ce nom, mais oui, pourquoi pas. Après, bien que j’aime me maquiller, je ne suis pas dans cette démarche, exubérante. D’autant plus que j’ai déjà mon exutoire avec la danse. 

Sur le volet artistique, la pandémie a-t-elle été un frein pour vous ? 

À moitié. Certes, certains de mes contrats se sont arrêtés (je pense à celui au Casino Barrière à Deauville), mais j’ai pu en décrocher d’autres, dont un pour une marque parisienne (les images sortiront bientôt, d’ailleurs). 

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À l’échelle de ma house, j’ai mobilisé les troupes, sentant que ça allait repartir. Tous ensemble, nous avons réalisé des projets créatifs. En somme, j’ai fait tout mon possible pour être optimiste, actif et épanoui. 

Vous êtes donc confiants concernant une bonne reprise, je suppose, Hedi…

Je dirai plutôt que je reste sur une note positive. J’ai pu rencontrer des personnes, produire des idées artistiques, m’adapter. J’ai participé à des tournages aussi, mais, évidemment, il me tarde de remonter sur scène et d’en faire encore plus qu’avant.