Les Thérapies de conversion arrivent dans les débats parlementaires

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La réforme sur les thérapies de conversion va bientôt arriver à l’Assemblée nationale, au début de l’automne. Un soulagement qui en dit long sur les attentes liées à ce projet de loi.

Elle était urgente, elle arrive enfin ! Dès le 4 octobre prochain, les députés vont débattre autour du texte relatif aux thérapies de conversion. Cette annonce intervient peu de temps après l’ouverture future d’une enquête contre la secte Miviludes, adepte de ces pratiques. « Cette inscription à l’ordre du jour prouve que le gouvernement est attaché à son interdiction sans ambiguïté. « Espérons que les familles et les structures qui y recourent le comprennent. », a exprimé Laurence Vanceunebrock auprès de TÊTU.

Un travail de longue haleine

Depuis novembre 2019, la députée LREM Laurence Vanceunebrock-Mialon a longuement travaillé sur ces questions. Dans ses missions, elle a rencontré des associations, des avocats, des représentants religieux et des victimes pour construire son rapport. « J’espère que les victimes auront gain de cause et que le gouvernement, comme mes collègues de tous les partis, fera front, avec moi, contre ces pratiques. », avait-elle déclaré à Têtu, en juillet 2020.

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Dans un premier temps, l’exécutif a bien accueilli le texte. Mais, en lien avec la crise sanitaire, ce dernier a eu du mal à prendre forme. Pire encore, elle a peu à peu été vidée de sa substance pour ne devenir qu’un élément de la réforme confortant les principes républicains. « Laurence Vanceunebrock-Mialon n’a pas souhaité que sa proposition [figure dans ce] projet de loi, je le comprends. J‘ai un attachement à la séparation des pouvoirs et je ne vais pas m’immiscer dans ces débats. En revanche, je la soutiendrai et je lui fais confiance pour trouver le bon chemin. » , avait, de son côté, expliqué Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Thérapies de conversion

Un sujet d’importance

Ce même jour, le leader de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, s’est réjoui de cette décision. « C’est une première étape pour permettre son aboutissement, mais aussi l’occasion de poursuivre le travail de sensibilisation sur le sujet, mené de longue date au sein du groupe parlementaire et intensifié ces derniers mois. », a-t-il déclaré, toujours pour Têtu. « Je ne veux pas qu’on puisse penser que les thérapies de conversion sont légales. Mais comme elles peuvent prendre des formes multiples parfois difficiles à appréhender, la création d’un nouveau délit les condamnera de manière plus efficace », insiste-t-il encore.

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Si adoption par le parlement (Sénat et Assemblée nationale), la réforme prévoit une pénalisation à 30000 euros d’amendes et deux ans d’emprisonnement. « Ces pratiques ne reposent sur aucun fondement médical ou thérapeutique, la France reconnaissant officiellement l’homosexualité et les troubles de l’identité de genre de la liste des affections psychiatriques, respectivement en 1981 et en 2010. », indique l’exposé des motifs du texte de loi. « Généralement à destination d’un public jeune, ces pratiques ont des effets dramatiques et durables sur la santé physique et mentale des personnes qui les subissent : dépression, isolement, suicide. », complète-t-il encore.

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