Valeurs Actuelles et son “délire” transphobe qui insupporte

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Dans sa nouvelle une, jeudi 27 mai, Valeurs Actuelles s’est acharnée contre les personnes trans. Face à cette énième discrimination, les activistes et les revues sont montés au créneau pour dénoncer la position du magazine. 

Valeurs actuelles

« Pression médiatique, récupération politique, racines idéologiques… » Dans sa nouvelle couverture, “Le délire transgenre”, Valeurs Actuelles y est allé de ses mots pour s’en prendre à cette communauté. Sous couvert d’une interrogation quelque peu fallacieuse, le numéro avance que « les lobbies instrumentalisent le changement de sexe (sic) ». « Notre époque a cette manie de pathologiser tout ce qui résiste plus ou moins à la marche du progrès, et de le jeter dans ce que Philippe Muray avait drôlement appelé la cage aux phobes », ose dire l’auteur du dossier, Bastien Lejeune. 

Ratés et mauvaises volontés

Au fil des lignes, paragraphes et pages, cet « article de fond » use d’une analyse certaine pour mieux la jeter en pâture. Que ce soit dans ses chapôs ou dans ses chutes, il enchaîne les attaques contre les activistes, mais aussi contre les médias et les politiques qui relaient ce qui est considéré dans cette enquête comme une lubie, une réappropriation. De plus, ils osent utiliser des termes dépassés et des raisonnements souvent biaisés pour légitimer leur positionnement problématique. « Transsexuel », « pathologie », « sexe » et bien d’autres choses.

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Dans un maniement effréné de la plume, le journaliste en charge du texte passe rapidement de l’adulte à l’enfant. En quatre pages, il institue l’idée que le deuxième âge impose son approche aux personnes mineures. « Mais qu’est-ce que le changement de sexe d’un [jeune], si ce n’est la sexualisation du regard que [le parent] accepte de poser sur son intimité encore si fragile ? », martèle l’auteur de l’article. 

À la fin, pour en finir avec un acharnement assez bas, l’enquêteur s’en prend à leur inclusion dans le sport. Selon eux, elles seraient vectrices d’inégalités entre femmes trans et cis, sur la base des performances. Pour ces raisons, il se réjouit du verdict d’un rapport. « Un désaveu en forme de camouflet pour [cette] cause. Et qui signe le retour en grâce de la justice [des fédérations], malmenée ces dernières années par l’idéologie LGBT. », conclut-il. Incroyablement lâche et arriériste. 

Une poursuite aux tribunaux ? 

Dès la publication du magazine, les associations Stop homophobie, Mousse et Adheos ont porté plainte contre Valeurs Actuelles. « Était-ce vraiment nécessaire de stigmatiser et d’injurier cette minorité avec une couverture qui va renforcer les préjugés [à son encontre] ? », ont-elles notamment déclaré dans un communiqué, précisant une persistance de la transphobie en société. « Dire d’une personne transgenre que c’est une aliénée, c’est comme [considéré qu’un] homme gay que c’est un pédophile. C’est injurier en procédant à une assimilation abusive. », a, de son côté, dénoncé l’avocat Étienne Deshoulières.

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