Voyage : Malte, le pays où la vie est plus gay ?

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Si l’archipel a tapé dans l’œil de notre radar gay-friendly, c’est dû à un rapport, celui de ILGA -Europe [International lesbian, gay, bisexual, trans and intersex association], qui note les 49 pays Européens en fonction de leur engagement en termes de droits et d’égalité pour les LGBT. En 2018, et pour la quatrième année consécutive, Malte arrive sur la première place du podium avec une note de 94 %. Pourtant, dix ans auparavant, personne n’aurait pu imaginer un tel chamboulement digne des meilleurs twists de l’Eurovision. Retour sur l’histoire de ce petit paradis rainbow

Par Nicolas Maille

Car oui, l’ancienne colonie britannique revient de très très loin! L’homosexualité a beau y avoir été décriminalisée dès 1973, être gay n’y était pas forcément bienvenu dans un pays où 95% de la population se dit toujours catholique. Quand on pense, qu’en 2006, seulement 18 % des Maltais étaient favorables à l’union de personnes de même sexe, on se dit qu’il y avait encore beaucoup à faire ! « Jusqu’au début des années 2000, il était très difficile pour les LGBTQI de s’assumer ouvertement, socialement, et dans le cadre du travail. Les couples de même sexe avaient tendance à vivre dans l’ombre. Certains s’exprimaient à la télévision mais leurs appels pour plus d’égalité généraient l’hostilité ou étaient tournés en ridicule. Les choses ont commencé à changer avec la création du Malta Gay Right Movement [MGRM] en 2001. Grâce au travail des activistes, les problématiques LGBTQI ont eu plus de visibilité », nous explique la militante Gabi Calleja qui est, aujourd’hui, à la tête de l’unité LGBTQI au sein du ministère dédié aux droits humains et à l’intégration.

 

Dernier pays à avoir autorisé le divorce…

Comment expliquer que ce pays, alors dernier de la classe, soit soudainement devenu un élève modèle pour les LGBT ? De nombreux journalistes, sociologues et historiens se sont penchés sur le sujet et ont avancé de multiples explications. La première : l’entrée de Malte dans l’Union européenne, en 2004, qui a ouvert le pays au tourisme et l’a rendu, au passage, plus sensible aux avancées progressistes de ses confrères. Résultat : les politiques ont compris l’intérêt de ne plus bouder ni les Gay Pride ni d’entendre la voix des militants.

« Les questions LGBTQI ont pris de l’importance lors des présidentielles de 2008, et encore plus en 2013. À cette époque, le mouvement LGBTQI est devenu plus mature et plus apte à défendre nos droits grâce, notamment, aux liens noués avec d’autres mouvements internationaux. Lentement mais sûrement, la société a commencé à changer son regard et de plus en plus de LGBTQI sont sortis du placard et ont demandé à être traités comme tous les citoyens » poursuit Gabi Calleja.

Autre date importante : ce référendum du 28 mai 2011, au cours duquel les Maltais disent tout le mal qu’ils pensent du divorce [à l’époque encore interdit]. Pour l’Église, c’est une grosse claque et elle aura beaucoup de mal à se remettre de cette mise au ban des valeurs traditionnelles auxquelles elle se raccroche. Pour les Maltais, cette défaite marque les débuts d’une nouvelle ère beaucoup plus tolérante et égalitaire dont les LGBT vont pouvoir tout naturellement bénéficier […]

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