Le film de la semaine : Cousins

Distribué par Optimale, Cousins suit l’histoire amoureuse entre deux lointains parents, Lucas et Mario. Une histoire à l’épreuve de la société, de la famille et bien sûr de la...

Distribué par Optimale, Cousins suit l’histoire amoureuse entre deux lointains parents, Lucas et Mario. Une histoire à l’épreuve de la société, de la famille et bien sûr de la religion. Va-t-elle surpassé tous ces obstacles ? Signé Thiago Cazado et Paulo Sousa, Cousins est disponible en DVD et en VOD sur Queer Screen depuis le 13 janvier.

« Dieu est amour ». La première scène s’ouvre sur une conversation de voisinage entre deux femmes, Lourde. Il y est question d’amour, de travail, d’éducation et de religion. Non loin de là, un jeune homme, Lucas, s’occupe du jardin. Il est réservé, pudique et quelque peu timide. Rapidement, l’atmosphère intimiste laisse à une dimension plus collective et religieuse. Une troupe de femmes croyantes, dans laquelle figure la tante Lourde, récite les paroles saintes de l’ouvrage biblique, le héros manie d’un doigté fin son clavier musical. A côté de lui, une jeune fille, Julia, chante joyeusement. A la fin du concerto, elle l’embrasse sur la joue, le héros est gêné. C’est le point de départ d’un long tiraillement qui va animer le héros.

Tout au long du film, la dimension occupe une place importante dans la vie de la famille, jusqu’aux moindres recoins du logis familial, dans chaque pièce, sur chaque meuble. C’est la parfaite illustration de l’implication religieuse de la tante Lourde. Mais, ce n’est pas là le moteur de l’intrigue du long-métrage, Cousins. De fil en aiguille, une révélation vient briser la vie monotone de la famille : un lointain cousin va venir passer quelques jours au sein du logis, en l’absence de la tante. Quid de cette annonce, les raisons sont vite passées sous silence. C’est la fin d’une conversation. Le lendemain, suivant la lettre laissée par sa tante, la venue de ce parent va venir chambouler le quotidien de Lucas. Et, de nouvelles habitudes vont naître …

Une romance timide

Dans les prémices d’une relation naissante entre les deux cousins, les deux cinéastes amorcent la voie vers l’amour, sans que les frontières ne soient franchies. Les regards et les fantasmes y demeurent cachées pour Lucas, la mise à nue et les allusions y sont claires pour Mario. C’est là L’esquisse d’un sensible rapprochement entre les deux hommes se met progressivement en place : baiser, déshabillement, union des lits, fantasmes.

Point culminant de cette invitation lente mais persistante à l’amour, le jeu du trappe-trappe à l’extérieur et dans le logis met le feu aux poudres. Entre deux questions et une unique réponse, Tu es religieux ? Tu crois aux péchés ? Je crois aux mystères, en quelque sorte, les barrières entre l’amour et la religion se brisent enfin. La magie peut alors s’opérer, le baiser dans le placard vient consacrer la flamme. C’est de toute beauté.

L’amour à l’épreuve de la religion

A l’approche de la fin, l’amour prend un autre tournant, plus régressif. Le retour de Tante Lourde ramène l’idylle gay dans sa plus triste réalité, le regard des autres.Les deux cousins sont obligés de se cacher pour jouir de leur amour. Mais, la découverte de cette liaison transgressive, puis la révélation, va laisser place un tout autre état d’esprit … sensiblement.

Contre toute attente, la bénédiction de la tante prend le pas sur l’homophobie régnante chez la gente féminine. « Mes chéris, je l’ai toujours su. Depuis que je vous ai vus ensemble. Mais, ça ne me regarde pas ». C’est la plus magnifique de toutes les déclarations. Sacré happy ending ! 

Découvrez le précédent film de la semaine ici.

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