EXCLU ! Muriel Robin : « Je cherche un peu moins la bonne note »

Fragile. Comme l’évoque le titre de son autobiographie aux éditions XO, la personnalité de celle que l’on a trop souvent enfermée dans la case de l’humoriste recèle de multiples...

Fragile. Comme l’évoque le titre de son autobiographie aux éditions XO, la personnalité de celle que l’on a trop souvent enfermée dans la case de l’humoriste recèle de multiples fêlures, intenses, qu’elle a appris à aimer pour enfin se relever. Comme un bon petit soldat, elle nous a fait rire, quitte à s’oublier, elle et ses rêves. Guérie de ses blessures, apaisée, mais consciente de ses démons, la comédienne avance sur le fil de sa vie sans en perdre pour autant sa révolte face aux injustices du monde qui l’entoure. Les concessions et l’eau tiède, très peu pour celle qui transforme toujours sa colère en énergie d’action, à l’instar du rôle de marraine qu’elle a auprès du Refuge ! Être utile, encore et toujours ! Être aimée aussi, la quête née de l’enfance ne s’arrête jamais, même si elle a réussi à y saupoudrer un peu de douceur et de bienveillance grâce à un public qui la porte depuis plus de trente ans. Parler avec Muriel Robin, c’est comme un rendez-vous avec l’intensité et l’espoir. La lucidité en plus…

Propos recueillis par Grégory ARDOIS-REMAUD

On a l’impression que vous avez longtemps été pudique vous concernant. Qu’est-ce qui a déclenché cette envie de vous livrer, vous et votre histoire, au public ?
Je ne trouve pas que j’ai été si discrète. J’ai beaucoup parlé de moi pendant toutes ces années. J’exprimais mon état, je me confiais, quand on prenait de mes nouvelles. Et puis, j’ai évoqué des choses personnelles dans mon dernier spectacle, Muriel revient, il y a cinq ans. Après, pourquoi le livre ? Très franchement, je me suis questionnée sur le sens que ça pouvait avoir. Et puis, je me suis dit qu’il y avait peut-être des gens qui pouvaient se retrouver dans mon parcours et qu’il pourrait les « aider ». D’un coup, il y avait une utilité.

Tout au long de votre ouvrage, on a la sensation que, toute votre vie, vous avez couru après la reconnaissance, notamment celle de votre mère… Est-ce que son décès, en 2014, vous a finalement « libéré » de ce poids ?
Le décès d’une mère, et surtout du deuxième parent, ça libère des choses. Heureusement qu’en face de ce chagrin incommensurable, il y a des choses positives qui se mettent en place. Il n’y a plus quelqu’un qui vous regarde, et pour qui vous pesiez des choses inconsciemment. Mais, j’étais libre avant. Enfin je dis ça… Oui, j’étais libre, mais j’ai certainement voulu être connue, en partie, inconsciemment pour ma mère. Comme elle m’a dit : « Tu es ma revanche ». C’était comme pour la guérir, lui faire un joli pansement sur un truc douloureux que la vie lui avait fait. C’est vrai que, quand elle est partie, ça a changé les choses. Mais c’est aussi le cas, parce que le temps passe. J’ai plus de soixante ans donc, dans mes choix, je cherche un peu moins la bonne note.

Cet ouvrage n’est-il pas finalement l’histoire d’une petite fille qui voulait être aimée et qui n’est pas « née dans la bonne famille » ?
« Qui n’est pas née dans la bonne famille », je ne sais pas, parce que c’est aussi tout ça qui m’a construite. C’est ma non-construction qui a fait ma construction, et c’est ça qui fabrique parfois un artiste. Alors, une autre famille, non. J’aurais bien aimé cette famille-là mais qu’elle ait un peu plus de place pour moi. Ça ne s’est pas passé comme ça. Mais je n’en prendrais pas d’autre… […]

Fragile, de Muriel Robin, éd. XO

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Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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