Emmanuel Moire : « J’ai toujours été en quête »

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Une parenthèse de sagesse. Avec Odyssée, son déjà cinquième album qu’il a entièrement écrit, le chanteur de 39 ans nous livre la douce lumière qu’il a récoltée sur son chemin de la vérité, au gré des épreuves et des tempêtes de la vie. Dix ans après son coming out médiatique dans Têtu, celui que l’on a connu dans le rôle-titre du Roi-Soleil, en 2005, a appris à accepter la destinée sans pour autant se résigner, à chérir ses peurs, et finalement s’aimer dans son entièreté. Ancré, mature, mais toujours un brin candide, l’interprète de La Promesse n’en finit pas d’aller creuser en lui pour nous donner un regard apaisé, mais combatif, sur le monde qui nous entoure. Une heure d’interview avec lui est, en somme, un voyage aux confins de la spiritualité, une odyssée sereine où Ulysse pèse chaque mot pour éveiller la flamme qui est en nous…

Propos recueillis par Grégory ARDOIS-REMAUD

Tu reviens avec un nouvel album, intitulé Odyssée. Comment définirais-tu ce cinquième opus ?
Pour moi, un disque est un peu l’empreinte de ce que je vis au moment où je le fais, comme une photo d’un instant T. Je dirais que la grosse différence par rapport aux précédents, c’est que j’ai pris toute la créativité sous le bras. L’écriture me manquait et je voulais préciser ma pensée, mon envie, mon désir. Il fallait que je revienne aux mots, je ne pouvais pas faire autrement…

Justement dans les paroles de la plupart des titres que tu as écrits, il y a quelque chose de très positif, proche de la sagesse. Ça te vient d’où ?
Je ne sais pas si c’est de la sagesse… J’ai toujours été en quête. Je cherche constamment un sens aux choses et, notamment, à la vie. C’est une grande part de ce disque. Après, je lis beaucoup de choses sur la spiritualité, la philosophie… Cet album, plus que les précédents, est comme un livre : il y a différents chapitres avec des notions importantes.

Vis-à-vis des précédents albums, on peut aussi avoir le sentiment que celui-ci est davantage tourné vers l’autre…
Peut-être. Quand tu es artiste, c’est important d’avoir un regard sur le monde, car une chanson peut avoir des répercussions. Mais, ça part toujours de moi, de quelque chose qui, évidemment, me touche. Mon but est que ça devienne quelque chose d’universel.

Tu parlais de quête tout à l’heure. As-tu réussi à trouver un sens à la tienne ?
Pour moi, une quête est éternelle. Elle a deux parties : elle part d’abord de là d’où on vient, et après, il y a celle sur l’avenir et sur le désir de quel homme on a envie d’être. J’ai l’impression d’être aligné sur mon chemin, bien dans mes pompes et complètement en accord avec mes valeurs, mes envies d’homme et d’artiste.

Tu disais qu’un album est « la photo d’un instant T ». Quelle chanson de celui-ci te résume le mieux tel que tu te sens maintenant ?
Je n’aime pas trop choisir, c’est un tout… Je pourrais justement dire : La Quête. Cela représente le fait de voyager sans cesse, en quête d’une chose que je touche toujours du doigt. Et puis, il y a aussi La Promesse évidemment. Cette chanson… c’est moi. […]

Crédit photo couverture : ©SVEN ANDERSEN

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Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.