French Twinks : Interview du producteur gay français Antoine Lebel

Pour les trois ans du label gay "French Twinks", son fondateur Antoine Lebel se confie sans langue de bois !

Pour les trois ans du label gay French Twinks, son fondateur Antoine Lebel se confie dans une interview – sans langue de bois – réalisée par l’Association LGBTQI-POUPPETTE.

 

 

Comment se définit le label French Twinks ?

French Twinks a été créé il y a trois ans avec une ambition internationale et une volonté d’apporter une vision fraîche et qualitative dans un paysage porno gay très ciblé « mecs de cité / lascars » et réalisations amateurs. Il y a encore énormément à faire et ce n’est que le début d’un long chemin, mais je pense que le pari est tenu et les différentes récompenses reçues en France ou aux USA (CyberSocket Awards) dont celui du meilleur réalisateur au Pink TV Awards 2016 me confortent dans l’idée de continuer dans cette voie.

Qui es-tu ? Et en quoi consiste ton travail ?

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Antoine Lebel, 34 ans né à Genève (Suisse). Je suis le fondateur du studio French Twinks et un véritable homme-orchestre : je filme, je réalise, je monte les vidéos, je fabrique les décors, j’invente les scénarios, je crée mes sites web, je gère le marketing et j’en passe… Heureusement je suis assisté par mon copain Max Riviera et mon fidèle collaborateur Benj’ Nguyen ainsi que Daniel mon marketing manager en Angleterre.

Comment t’es venue l’idée de faire du porno gay et quand ?

 

Depuis mes 17 ans, je travaille à mon compte dans le web et la com’. J’ai eu l’opportunité en 2001 de m’associer avec un client avec qui nous avons créé l’un des tous premiers sexshops en ligne. Ça a été un assez grand succès et nous avons vendu la société, puis quitté nos fonctions en 2012. J’ai ensuite pris un peu de temps pour réfléchir à la suite (et du bon temps aussi).

Etant gay, avec une solide expérience du web et de l’adult-business ainsi qu’une grande envie de créativité et de liberté j’ai trouvé que la production porno gay correspondait bien à mes attentes. J’ai toute de suite compris qu’il fallait viser l’international pour espérer survire dans un climat économique un peu morose. Je suis alors parti quelques temps en Floride pour écrire et produire un petit sitcom mélangeant sexe et humour « Friends & Buddies ».

Quelle est la spécificité du label French Twinks ?

frenchtwinks-logo1Au-delà du physique « minet » et de l’âge des modèles (18-25 ans) qui sont la marque de fabrique du studio, je veux montrer un porno positif, joyeux, responsable et de qualité. Je ne me prends jamais au sérieux et ça reste toujours bon enfant. Les acteurs s’amusent et travaillent dans le respect. La qualité d’image et le soin des réalisations, de la musique en passant par le décor sont également des points très important pour moi.

Comment sélectionnes-tu tes modèles et les recrutes-tu ?

Le recrutement se fait principalement par des candidatures spontanées sur notre site (ftwinks.com/casting), par les réseaux sociaux et le bouche-à-oreilles. La première sélection est évidemment physique, il faut correspondre au style recherché par nos clients mais c’est ensuite la personnalité, la motivation et la fiabilité du modèle qui pèsent pour beaucoup dans la sélection finale.

Travailler avec de jeunes débutants n’est-il pas un véritable challenge ?

J’ai parfois l’impression d’être un prof face à des élèves un peu perdus qui ont choisi d’être là mais qui ne savent pas comment ça va se passer ni où ça va les mener. C’est assez amusant et ce rôle un peu pédagogique me plaît vraiment beaucoup. Leur apprendre à dépasser leurs appréhensions, ce qui fait une belle image, ce que les gens veulent voir, les contraintes des positions dites « visuelles ». C’est comme des sportifs que je coache et qui se soutiennent mutuellement pour faire gagner l’équipe French Twinks.

La volonté du studio de faire uniquement dans les rapports protégés est louable, mais comment s’assurer la fiabilité de ses acteurs quand l’on sait qu’il faut 3 à 4 semaines pour un test HIV ?

Effectivement il est impossible d’avoir un test fiable à 24 heures par exemple, donc le test HIV n’aiderait pas réellement à protéger les acteurs, toute comme les traitements préventifs puisqu’il n’y a aucun moyen de s’assurer que la personne a bien pris ses médicaments. Seul le préservatif reste efficace et nous nous y tiendrons toujours.

Le risque en tournant un porno n’est pas plus important qu’en ayant une aventure d’un soir avec un inconnu par exemple. Je dirai même qu’il est moindre puisque les acteurs sont encadrés et ne sont pas sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants qui augmentent généralement les prises de risques.

Comment vois-tu ton avenir et celui du studio French Twinks ?

Sur une île appelée « Twinksland » où on vivrait tous une éternelle adolescence faite de plaisir et de rigolade, loin des homophobes et des emmerdes du quotidien…

Plus sérieusement j’espère développer plusieurs concepts parallèles à FrenchTwinks dont le premier est sorti il y a quelques jours « GaySexChallenge.com» (attention c’est un peu trash). Continuer à grandir en France et essayer de rayonner plus à l’étranger. Tourner plus régulièrement, renforcer nos partenariats, avoir une équipe soudée et motivée pour réaliser toutes sortes de projets déjantés, même en dehors du porno.

As-tu quelque chose à ajouter ?

Je pense m’être suffisamment épanché ! Je tiens bien sûr à remercier tous ceux qui nous soutiennent aussi bien nos clients que les associations, magazines, blogs ou followers… Je terminerai par un grand merci à mon petit Max qui supporte mes journées de 20 heures malheureusement indissociables à toute activité indépendante en démarrage.

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Sarah Boudena

Chez Garçon Magazine, on trouve aussi des filles ! Sa passion secrète : Le binge watching. Bien installée sur son canapé, emmitouflée dans son plaid, avec son chat et son amoureux.

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