« LA PREMIÈRE MARCHE », “C’EST UNE PREMIÈRE FOIS POUR EUX ET POUR NOUS AUSSI.”

La Première Marche suit une bande de jeunes à Saint-Denis dans l’organisation de la première marche des fiertés, en 2019. De la première réunion inter-associative jusqu’au jour J, le...
La Première Marche

La Première Marche suit une bande de jeunes à Saint-Denis dans l’organisation de la première marche des fiertés, en 2019. De la première réunion inter-associative jusqu’au jour J, le film-documentaire illustre fidèlement les coulisses d’un travail de longue haleine. Hakim et Baptiste, qui ont suivi les initiateurs de cette marche, reviennent sur leur expérience et le tournage du film. Sortie le 14 octobre.

Comment est né le projet ? 

Baptiste : C’est un projet hyper personnel, fait de façon empirique, spontanée, improvisée et artisanale du début à la fin. On n’avait pas en tête exactement ce que serait le film à la fin, on n’avait ni producteur, ni distributeur. En suivant ces jeunes, on s’est rendu qu’il y avait un sujet, des personnages, une vraie histoire. C’était la première fois qu’il y avait une marche des fiertés en banlieue, on avait envie de le documenter, de laisser une trace, un témoignage de cette première marche historique.

Hakim : A chaque fois, les gens de l’association et ceux qu’on voit dans le film nous disaient : « il va être diffusé où, vous faites ça pourquoi ? » On n’avait aucune contrainte sur la durée et le lieu de diffusion. On a fait le film pas à pas. Une fois qu’on a fini de le monter et qu’on avait la version qu’on aimait tous les deux, on a vraiment fait le film tel qu’on voulait le faire. Jamais, on aurait espéré qu’il sorte au cinéma. 

Saviez-vous ce que vous alliez y découvrir ? 

Baptiste : On est parti avec l’idée que c’était un défi que d’organiser une marche des fiertés à Saint-Denis. Dans nos têtes, on se disait que ce serait un genre de film à suspense : “La pride aura-t-elle lieu ? » Pour eux, c’était évident qu’elle aurait lieu, c’est ce qui nous a séduit et le plus frappé et dérouté. Ils avaient une telle volonté, ils étaient tellement convaincus qu’il fallait qu’elle ait lieu, qu’il ont fait déplacé les gens, surmonté les obstacles. Au final, on a été surpris de voir à quel point ce n’était pas si difficile d’organiser une marche un dimanche, en plein Saint-Denis, avec un millier de personnes, dans la rue principal. 

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Hakim : Ce qui m’a pas mal surpris, c’est le monde associatif qui les entoure. Certaines associations ont été très enthousiastes et ont beaucoup aidé. D’autres ont été assez dures. Il y a toujours une association plus lgbt que vous, qui a le droit d’aborder un sujet mieux que vous, plus ancienne que vous, qui aura plus prouvé sa valeur que la vôtre. Ils ne se font pas de cadeau entre associations. 

La Première Marche est-il un moyen de casser les idées reçues autour de la banlieue ? 

Baptiste : Ce qui m’a le plus intéressé dans le film, c’est qu’il raconte la possibilité de mener un combat lgbt en banlieue. Il montre un autre visage de Saint-Denis, un autre visage de cette jeunesse qui milite chez elle, en banlieue. Tant mieux si ça casse des préjugés. 

Hakim : Pendant le tournage, on oubliait qu’on était à Saint-Denis, on filmait d’abord une bande de jeunes, une bande d’amis. On était à Saint-Denis comme on aurait pu être ailleurs, dans le 20e arrondissement par exemple. 

Retrouvez la suite de l’interview avec les réalisateurs de La Première Marche dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible ici.

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